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Les questions et leurs réponses

Du 19 mars au 30 juin 2018, l'espace questions-réponses permet à chacun de poser ses questions :

- soit sur la PPE au ministère de la Transition écologique et solidaire ;

- soit sur le débat public lui-même à la commission particulière du débat ;

et de commenter les réponses reçues.

Le ministère et la commission se sont engagés à répondre à toutes ces questions dans les 15 jours.

Les questions et leurs réponses sont publiques. Elles alimenteront le compte rendu du débat.

Apparaissent en premier ci-dessous les questions ayant reçu une réponse ou un commentaire en dernier.

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Question n°315
Ajouté par Cyril OBRECHT (Arles), le 07/05/2018
[Origine : Site internet ]

Le scénario Négatwatt se pose en trois points. Economie d'énergie, efficacité énergétique des bâtiments et énergie renouvelable a 100%. Le gouvernement compte faire en sorte de réduire le gaspillage d'énergie en demandant aux citoyens de modifier leur consommation en faisant attention. Or il nous impose le Linky qui n'est pas l'outil le plus utile pour faire des économies pour plusieurs raisons.

Premièrement : Nos compteurs actuels fonctionnent très bien et la perte d'énergie que nous pouvons avoir sur ceux-ci est payée par nos propres deniers. Le relevé de juillet faisant un rattrapage nous payons de toute façon les pertes engendrées par le réseaux.

Deuxièmement : La fabrication et l'installation des Linky consommera plus d'énergie et ne nous permettra pas d'ajuster notre consommation puisque ceux-ci nous donnent l'estimation de notre consommation du jour... le jour d'après. Impossible donc de réduire notre consommation pour faire des économies. En même temps quand on a besoin d'énergie pour faire fonctionner un ustensile on ne se demande pas combien ca va nous coûter, on consomme... Et tout le monde ne peut pas acheter des ustensiles très chers avec une indice énergétique AAA+ inclus.

Troisièmement : Les déchets des anciens compteurs (de 50 ans) seront rejoints 20 ans après par ceux des Linky. D'où encore une perte d'énergie dans la fabrication.

Quatrièmement : Les Linky ne sont là que pour vendre des objets connectés pour soit disant une maison "intélligente" ou smart house. Or ces objets connectés ne sont pas indispensables. Un réelle économie d'énergie consiste à avoir le moins d'objets électriques possible. Sinon il ne sert à rien de parler de transition écologique (qui soit dit en passant est une belle c...).

Quand le gouvernement compte-t-il mettre en place une véritable politique de sobriété énergétique basée sur la retenue et non sur l'hyper consommation d'objets connectés en plus ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Plus largement, l’amélioration de l’efficacité énergétique est un objectif majeur de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Ainsi la LTECV fixe un objectif en 2030 de réduction de la consommation d’énergie finale à 20 %. Le dossier du maître d’ouvrage dresse l’ensemble des mesures mises en œuvre ou prévues en ce sens, pages 30 à 54. Il est effectivement essentiel de donner les bons signaux aux consommateurs pour favoriser la sobriété énergétique et aux producteurs pour favoriser l’efficacité énergétique. C’est un des objectifs de la PPE. C’est également un des aspects sur lesquels le maître d’ouvrage avait des attentes vis-à-vis du débat public : des idées pour inciter les citoyens à maîtriser leurs consommations d’énergie.

Concernant la durée de vie de Linky, il convient de distinguer la durée de vie garantie et la durée de vie effective d’un appareil. Les compteurs Linky sont conçus pour avoir une durée de vie de 20 ans minimum. Enedis a réalisé des tests méticuleux permettant de s’assurer que les compteurs communicants respectent les exigences de robustesse et de fiabilité sur toute leur durée de vie. Pour cela, un système de qualification du matériel a été mis en place, à la fois par les fabricants et par Enedis. Les compteurs ont également été testés à la fois en laboratoires et sur le terrain. Celui-ci met à l’épreuve une centaine de compteurs Linky par jour afin de tester les compteurs en situations réelles (résistance à la chaleur, au froid, l’hygrométrie…).

Les compteurs déployés par Enedis (les anciens compteurs dits « bleus » ou « CBE » notamment) ont toujours fait l’objet d’une garantie d’au minimum 20 ans de la part des constructeurs et ont éprouvé la même démarche de qualification : cela a donné des résultats probants avec des durées de vie moyennes dépassant effectivement les 20 ans. Le compteur Linky obéit aux mêmes règles et sa durée de vie pourra donc dépasser les 20 ans.

La mise en œuvre des nouveaux compteurs Linky pour l’électricité et Gazpar pour le gaz doit permettre de mieux connaître les consommations des usagers et d’améliorer la qualité du service qui leur est rendu. Les deux compteurs permettront une mesure plus fine de la consommation et des informations relatives à la qualité de l’énergie. Linky permettra un pilotage à distance par le gestionnaire de réseau de distribution qui, en cas de problème, pourra cibler la coupure d’une maison par exemple plutôt que d’un quartier.

Linky et Gazpar permettront notamment d’effectuer des opérations de maintenance préventive sur le réseau en ayant des informations plus tôt et plus précises. Cela devrait dégager des économies sur la gestion du réseau et améliorer son efficacité.

Le compteur améliorera la gestion du réseau basse tension, en proposant notamment un suivi plus fin du niveau de la tension et une détection plus rapide des pannes ainsi que des anomalies de consommation. Le compteur communicant permettra ainsi d’optimiser la gestion et le développement du réseau de distribution et facilitera l’intégration massive d’énergies renouvelables et de véhicules électriques.

Du point de vue du consommateur, les relevés seront effectués à distance et permettront des facturations sur la base de données réelles et non plus estimées.

Le compteur permettra de simplifier certaines opérations (changements de contrat, de fournisseur).

Il favorisera également l’émergence de services de maîtrise des consommations : grâce à Linky, un fournisseur pourrait par exemple proposer à ses clients un service rémunéré d’effacement pendant la pointe électrique en baissant la consommation des seuls congélateurs pendant une demi-heure.

Linky devrait également permettre l’apparition de nouvelles offres tarifaires afin d’inciter à la maîtrise de la consommation à la pointe et en permettant le contrôle à distance.

Question n°555
Ajouté par jean-François MEZEIX (aubière), le 13/06/2018
[Origine : Site internet ]

En complément à la question n°353 : pouvez-vous préciser les méthodologies des travaux qui mentionnent bien des émissions de 66 g de CO2/KWh électrique nucléaire (Ademe, Base carbone, nov 2014, documentation des facteurs d'émission de la base carbone, page 93). Pourquoi de tels écarts d'un facteur 6 avec les données autour de 10g CO2/KWh. Quelle perplexité ! Cela ne nécessiterait-il pas des méthodologies et des données cartes sur table des travaux nationaux et internationaux ? Sur quoi s'appuyer de sûr, vérifié et admis par tous ? Merci d'avance de votre réponse.

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Nous vous remercions de votre contribution.

Si le chiffre 66 est effectivement cité dans la documentation des facteurs d'émissions de la Base Carbone (page 93), il provient, comme mentionné dans le document, d’un article publié dans Energy Policy en 2008.

Cet article a examiné 103 études d’analyses en cycle de vie pour des centrales nucléaires et en a retenu 19 répondant aux critères de sélection suivants : études publiées, réalisées depuis 1998, accessibles au public, transparentes sur la méthodologie utilisée et fournissant des estimations claires des émissions de gaz à effet de serre selon les postes distincts du cycle de vie de la production d’électricité issue du nucléaire. Pour ces 19 études, la valeur moyenne est de 66 gCO2/kWh, avec une fourchette comprise entre 1,4 et 288 g, soit deux fois plus large que celle proposée par le GIEC.

Toutefois, l’article souligne des disparités importantes entre les méthodologies utilisées d’une étude à l’autre. La représentativité de cette valeur moyenne est donc fortement questionnée.

Par ailleurs, le chiffre 66 dans la documentation des facteurs d'émissions de la Base Carbone (page 93) n’est cité que pour mettre en avant la disparité des facteurs d’émissions disponibles dans la littérature internationale concernant la filière nucléaire. Il est effectivement retenu dans la base carbone (page 91) un facteur d’émission de 10 gCO2eq/kWh pour les centrales nucléaires, ce chiffre étant issu de la base de données European Life Cycle Database (données provenant de PE International). Il est de fait du même ordre de grandeur que le niveau d’émission moyen de la filière nucléaire, au niveau mondial (12 gCO2eq/kWh) défini en 2014 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Enfin, si la fourchette [3,7-110] gCO2eq/kWh définie par le GIEC est effectivement importante, elle est toutefois à relativiser au regard de la fourchette plus large des niveaux d’émissions de CO2eq/kWh des différentes filières énergétiques.

Question n°326
Ajouté par Michel GAY (Chambéry), le 09/05/2018
[Origine : Site internet ]

En réponse à une précédente question demandant :
"Pourquoi dépenser autant d'argent sur le développement des ENR intermittentes (environ une trentaine de milliards d'euros depuis 10 ans), alors que notre production électrique n'émet que très peu de GES grâce à l'hydro et au nucléaire ? ",
vous aviez répondu :
"Si l'énergie nucléaire constitue d'un point de vue des émissions de gaz à effet de serre un atout, sa forte proportion est également susceptible de dégrader la robustesse du système électrique. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ainsi rappelé à plusieurs reprises qu'une des vocations de la diversification du mix électrique était de renforcer aussi la sécurité d'approvisionnement en électricité. Il est en effet important de disposer de marges suffisantes dans le système électrique pour faire face à l'éventualité de suspendre simultanément le fonctionnement de plusieurs réacteurs qui présenteraient un défaut générique grave".

Alors pourquoi la PPE envisage-t-elle de se reposer sur des sources d'énergies aléatoires et intermittentes (vent et soleil) qui risquent de faire justement défaut en cas de défaut de fonctionnement de plusieurs réacteurs nucléaires ?

Dans ce cas, pourquoi ne pas constituer cette marge de sécurité avec des réacteurs EPR de conceptions différentes qui ne souffriraient pas du même défaut générique ?
Ou par des centrales à gaz de secours "en assurance" et qui ne fonctionneraient qu'en cas d'absolue nécessité comme l'éventualité d'un défaut générique sur une dizaine de réacteurs comme le suggère l'ASN ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

L’éolien et le photovoltaïque, qui représenteront l’essentiel des développements d’électricité renouvelable dans les prochaines années, sont en effet des sources d’énergie non pilotables : elles produisent en fonction du vent ou du soleil et non de la consommation.

A moyen terme, la gestion de l’équilibre offre-demande doit être appréciée en prenant en compte l’ensemble des moyens de production disponible, l’évolution de la consommation et des usages (amélioration de l’efficacité énergétique, chauffages plus performants…) et l’ensemble des flexibilités du système (stockage, effacement…). Le bilan prévisionnel 2017 publié par RTE montre que la sécurité d’approvisionnement électrique peut être assurée avec des taux d’énergies renouvelables importants à l’horizon 2035 (jusqu’à 49 % dans le scénario Ampère), des fermetures de centrales nucléaires (jusqu’à 16 réacteurs d’ici 2035) et sans recours à des centrales thermiques. Le détail de ces analyses est public et disponible sur le site de RTE.

Question n°414
Ajouté par Daniel MAGNIN (Lyon), le 29/05/2018
[Origine : Site internet ]

Le prix du gas-oil pour véhicule diesel a violemment augmenté, ce qui conduit le marché à basculer vers les véhicules à essence. Pourquoi une telle violence dans cette évolution de la fiscalité, ce qui conduit à davantage de C02 (puisque les véhicules diesel consomment moins), à des importations de moteur essence et à des importations de carburant ? Les véhicules diesel ayant la réputation d'une plus longue durée de vie n'y a-t-il pas aussi une plus grande empreinte écologique à renouveler plus fréquemment les véhicules à essence ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Le Plan Climat vise la fin de la vente des voitures neuves émettant des gaz à effets de serre d’ici 2040. La priorité du Gouvernement est de favoriser le décollage et à l’amplification massive des ventes de véhicules zéro émission.

Alors que les émissions moyennes de CO2 ont diminué de 2009 à 2015, ces émissions tendent aujourd’hui à stagner voire augmenter tant pour les véhicules essence que pour les véhicules diesel. Ainsi, les émissions moyennes des voitures diesel ont augmenté de 1 g CO2/km entre 2016 et 2017 et de 0,3 g CO2/km pour les voitures essence sur la même période. Par ailleurs, la masse des voitures neuves tend à augmenter alors que les pouvoirs publics promeuvent l’allègement des véhicules, notamment à travers le Programme d'Investissements d'Avenir (PIA). La révision régulière du barème écologique incite les acheteurs de voitures neuves à se tourner vers les voitures les plus sobres.

D’autres outils ont été mis en place pour encourager le recours aux véhicules les moins polluants, tels que les certificats qualité de l’air ou encore la taxe sur les véhicules de société.

Les taxes sur les carburants marquent notamment la volonté du Gouvernement de faire porter la fiscalité sur les énergies fossiles et carbonées, afin de contribuer à la lutte contre le changement climatique et la pollution atmosphérique.

Pour y parvenir, le Plan Climat prévoit une augmentation accélérée, lisible et durable du prix du carbone sur 5 ans. Elle doit permettre d’influencer les choix des acteurs économiques et de favoriser l’innovation verte, notamment en développant l’utilisation de produits énergétiques moins carbonés.

Le Plan Climat prévoit également la convergence de la fiscalité essence-gazole au cours du quinquennat. Ce mouvement, engagé en 2015, doit faire disparaître l’avantage fiscal dont bénéficie le gazole alors même qu’il s’agit d’un carburant plus polluant que l’essence. Il est donc prévu, en complément de l’augmentation de la composante carbone, de rapprocher la fiscalité du gazole et de l’essence avec un rythme de +2,6 c€/L par an entre 2018 et 2021.

Ces mesures ont entraîné au 1er janvier 2018 une augmentation du prix des carburants.

Question n°312
Ajouté par Hervé NIFENECKER (Vizille), le 04/05/2018
[Origine : Site internet ]

Votre réponse ne répond pas à ma question. Je me suis peut-être mal fait comprendre. Soyons concrets et précis. Prenons un 31 décembre en soirée (disons 20h). La production PV est nulle et par temps froid la demande atteint 100 GW. La puissance éolienne n'est que 10% de la puissance éolienne installée. Que seraient alors les puissances pilotables nécessaires pour faire face à la demande ? Charbon, fuel, gaz, nucléaire ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Un mix à 50 % de nucléaire et 40 % d’énergies renouvelables est un mix annuel moyen. Il ne présume pas du mix ponctuel au jour le jour en fonction des conditions climatiques. Les énergies renouvelables ne sont pas toutes intermittentes : l’énergie renouvelable la plus utilisée pour produire de l’électricité est l’hydroélectricité qui est parfaitement pilotable. En conditions climatiques particulières, en soirée, les centrales nucléaires et thermiques gaz vont vraisemblablement être davantage appelées que leur participation au mix moyen annuel. Les interconnexions entre pays européens ont également pour effet de lisser les impacts de phénomènes climatiques par foisonnement sur l’ensemble du continent.

Question n°440
Ajouté par Bernard DURAND (Arvert), le 31/05/2018
[Origine : Site internet ]

Il est souvent reproché au nucléaire de dissiper dans la nature une grande partie de l'énergie sous forme de chaleur, reproche que l'on pourrait faire de la même façon aux centrales à combustibles fossiles, mais que, curieusement, on ne fait pas. Cependant, les centrales à combustibles fossiles fonctionnent parfois, c'est souvent le cas au Danemark, en cogénération, ce qui permet de récupérer pour des besoins de chauffage, via des réseaux de chaleur, une grande partie de la chaleur perdue. Je crois savoir que la cogénération nucléaire a déjà été utilisée en Europe de l'Est, et que la Finlande l'envisage pour l'avenir.

Question : qu'est-ce qui s'oppose à l'utilisation de la cogénération nucléaire en France, et est-elle envisagée dans le cadre de la PPE et de celui de la LTECV ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Comme vous le soulignez à juste titre, la cogénération permet de récupérer la chaleur perdue lors de la production d’électricité et d’augmenter le rendement à plus de 80 % pour une centrale thermique fossile par exemple, tout en réduisant la consommation d’énergie primaire, et de réduire ainsi potentiellement les émissions de gaz à effet de serre issues d’un chauffage au gaz. Dans le même esprit de valorisation de la chaleur perdue, la récupération de chaleur fatale est l’un des enjeux de développement traités par la programmation pluriannuelle de l’énergie. Une étude de l’ADEME[1] a été réalisée sur les gisements de chaleur fatale industrielle en France et fait état d’un potentiel maximum de 109,5 TWh au niveau national. Environ 15 % de ce gisement est situé à proximité d’un réseau de chaleur existant qui pourrait permettre sa valorisation.

Les centrales nucléaires, dont le rendement moyen n’est que de 33 % du fait de leur seule production électrique, pourraient en effet représenter une piste à étudier pour la cogénération. Elle a effectivement été mise en œuvre en Europe de l’Est et étudiée en Finlande pour fournir en chaleur les villes situées aux alentours des centrales. Le potentiel de récupération de chaleur est bien présent en France et on peut citer le cas de la Région Hauts-de-France où une récupération de la chaleur fatale de la centrale nucléaire de Gravelines est effectuée pour le chauffage de l’eau de pisciculture à proximité. Néanmoins, l’opportunité d’un déploiement à d’autres réacteurs dépend de plusieurs conditions.

Tout d’abord, la distance avec les consommateurs de chaleur doit être telle que les pertes ne soient pas trop importantes, or les centrales nucléaires sont souvent implantées à distance des lieux d’habitation. Par ailleurs, la cogénération nucléaire doit aussi pouvoir trouver une rentabilité économique. Or, elle nécessiterait de réaliser des investissements en termes de soutirage de la vapeur sur la centrale et de raccordement sur de très longues distances à un réseau de chaleur en raison de l’éloignement des centrales vis-à-vis des centres urbains, et génèrerait un coût supplémentaire lié au déficit de production d’électricité causé par le prélèvement de chaleur. Enfin, des enjeux contraignants de sûreté sont également à prendre en compte du fait des modifications qu’il faudrait apporter à la centrale.

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[1] Etude intitulée « La chaleur fatale », Edition 2017, ADEME

Question n°469
Ajouté par Henri CHAMBON (Lyon), le 04/06/2018
[Origine : Site internet ]

D'après les derniers chiffres de l'Agence Internationale de l'Energie (« Key World Energy Statistics 2017 »), si l'on compare France et Allemagne en termes d'émissions de CO2, on obtient :
Emissions annuelles de CO2 : France : 290,5 MTCO2 Allemagne 729,8 MTCO2
Emissions annuelles de CO2/habitant : France : 4,37 TCO2/h Allemagne 8,93 TCO2/h
Emissions annuelles de CO2/Unité de PIB : France : 0,1 kgCO2/2010 US $ Allemagne 0,2 kgCO2/2010 US $
On constate donc un rapport de 1 à 2 pour ces différents chiffres.
Il y a aussi un rapport de 1 à 2 du prix de l'électricité pour les particuliers entre France et Allemagne.
Ma question : Pourquoi y a-t-il en France un dénigrement permanent sur le « retard » de la France par rapport à l'Allemagne en termes de politique climatique ? La France n'est-elle pas nettement plus efficiente ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Nous vous remercions pour cette contribution à la réflexion pour l’élaboration de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie.

Les émissions globales de l’Allemagne sont effectivement bien supérieures à celles de la France. Ainsi, en 2016, les émissions de l’Allemagne étaient de 909 MtCO2e (hors secteur des terres[1]), en baisse de 27 % par rapport à 1990, alors que les émissions françaises étaient de 458 MtCO2e en 2016, en baisse de 16 % par rapport à 1990.

Rapportées au nombre d’habitants, les émissions en 2016 étaient de 11 tCO2e par habitant en Allemagne contre 6,8 tCO2e par habitant en France. Rapportées au PIB, les émissions allemandes sont de 0,29 kgCO2/€ alors que les françaises sont de 0,21 kgCO2/€.

Ces différences s’expliquent notamment par les émissions du secteur énergétique, beaucoup plus émetteur en Allemagne, qui représente 33 % des émissions allemandes contre 8 % des émissions françaises.

Les émissions françaises sont donc sensiblement inférieures aux émissions allemandes, y compris quand elles sont rapportées au PIB ou au nombre d’habitants. Il n’y a donc pas de raison de parler de retard de la France sur l’Allemagne.

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[1] Secteur dit UTCATF en français : Utilisation des terres, changements d’affectation des terres et forêt, prenant en compte les émissions et absorptions liées, LULUCF en anglais
Question n°521
Ajouté par Didier ZAZZI (RIVESALTES), le 08/06/2018
[Origine : Site internet ]

Au lieu d'effectuer des installations éoliennes ou photovoltaïques dont la capacité de fournir de l’électricité reste aléatoire, pourquoi ne pas mettre à l'étude le moteur à induction magnétique ou celui à répulsion ou encore à aimants permanents qui permettent de faire tourner une turbine indéfiniment sans émission de CO2 ni impact sur l'environnement ? Ces moteurs peuvent aussi être adaptés aux camions et voitures...

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Le soutien à la recherche & développement et à l’innovation est une composante fondamentale de l’action de l’Etat pour la mise en œuvre de la transition énergétique, inscrite dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, qui prévoit l’élaboration d’une stratégie nationale de la recherche énergétique (SNRE). La SNRE constitue ainsi un nouvel outil de stratégie pour les acteurs français de la recherche et de l’innovation afin de permettre l’émergence du système énergétique de demain

Dans ce contexte, l’effort de financement public de la recherche réalisé par la France dans le domaine des nouvelles technologies de l’énergie (énergies renouvelables, efficacité énergétique, capture et usage du carbone, stockage et réseaux) a été de l’ordre de 440 M€ ces dernières années, selon la nomenclature proposée par l’Agence internationale de l’énergie, soit un peu plus de 40 % des dépenses de recherche réalisées par la France dans le domaine de l’énergie.

Parallèlement au financement des organismes de recherche, l’Etat soutient des actions de recherche & développement principalement via le programme « Investissements d’avenir » (PIA) opéré par l’ADEME (démonstrateurs de recherche et d’innovation) ou par l’Agence nationale de la recherche (Instituts pour la transition énergétique).

Projets financés par l’ADEME dans le cadre du PIA

Entre 2010 et 2017, l’ADEME a opéré les actions des deux premiers volets du PIA : « Démonstrateurs de la transition écologique et énergétique » et  « Véhicules et transports du futur », couvrant ainsi de multiples thématiques se répartissant en quatre grands volets :

  • la production d’énergies renouvelables, le stockage de l’énergie et les réseaux électriques intelligents ;
  • l’efficacité énergétique dans le bâtiment, l’industrie et l’agriculture et la chimie du végétal ;
  • l’économie circulaire et les déchets ;
  • les transports dans toutes leurs composantes et la mobilité.

Différents outils de financement furent mis en œuvre, appels à projets pour démonstrateurs, initiative PME et interventions en fonds propres, permettant de financer, au travers de 85 appels à projets, 745 projets pour un montant global d’aides de 2,5 Md€ (budget global des projets : 7,22 Md€).

Dans la continuité des PIA 1&2, l’ADEME est opérateur de plusieurs actions dans le cadre du troisième volet du PIA (démarré en 2017), pour un montant total de 1 Md€ :

  • « démonstrateurs territoriaux et d’innovation de grande ambition », avec 400 M€ de fonds propres et 300 M€ d’aides d’Etat (la Caisse des dépôts et consignations est également opérateur avec des crédits séparés sur le volet territorial). Cette action constitue pour l’ADEME la suite des actions PIA1&2 pour le soutien aux « démonstrateurs de la transition écologique et énergétique » ;
  • « concours d’innovation » dédiés aux PME, avec 150 M€ d’aides d’Etat (la BPI est également opérateur avec 150 M€, qui doivent aussi couvrir le volet territorial) ;
  • soutien aux « écosystèmes d’innovation » dans le domaine de la mobilité durable, avec 150 M€ d’aides d’Etat.

Actions incitatives destinées à stimuler la recherche et l’innovation associées aux énergies renouvelables - Les Instituts pour la Transition Energétique

Les Instituts pour la Transition Energétique (ITE) sont des plateformes publiques-privées qui visent à constituer des campus d’excellence rassemblant recherche académique, grands groupes et tissus de PME sur les thèmes spécifiques de la transition énergétique pour favoriser l’innovation en faisant converger les efforts publics de recherche & développement et les stratégies industrielles. Les ITE ciblent ainsi le développement industriel d’une filière complète, depuis l’innovation technologique jusqu’au démonstrateur et au prototype industriel.

C’est l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui, dans le cadre du programme des investissements d’avenir (PIA), assure le suivi de cette dizaine de structures, labellisées en 2011 et 2012 dans les domaines suivants :

  • chimie verte et matériaux agrosourcés ;
  • énergies marines renouvelables ;
  • énergies solaires ;
  • géothermie ;
  • réseaux électriques intelligents ;
  • efficacité énergétique ;
  • bâtiment durable
  • véhicule décarboné et mobilité.

Ce programme est doté d’une enveloppe de l’ordre du milliard d’euros finançant jusqu’à 50 % des activités de l'ITE.

Question n°330
Ajouté par Jean-Louis GABY (TORTEZAIS), le 10/05/2018
[Origine : Site internet ]

C'est suite à la question n°147 "Coopératives de production d'électricité renouvelable". Question : En France, les coopératives de production d'électricité renouvelable représentent quelle puissance raccordée, quelle est leur production annuelle, et leur part dans la production d'électricité renouvelable ?

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Des éléments de réponse peuvent être trouvés dans ce document de l’ADEME. Les projets des sociétés coopératives d’intérêt collectif représentent 23 % des projets participatifs.

Selon le même document, les projets participatifs représentent :

  • « Pour l’éolien, une puissance totale de 260 MW, soit 3 % de la puissance totale installée en France (chiffres 2014-15 / Source EDF, FEE), ou encore une production moyenne de 520 000 MWh (consommation annuelle d'environ 430 000 habitants hors chauffage et eau chaude sanitaire).
  • Pour le photovoltaïque, une puissance de 38 MWc soit 0,7% de la puissance totale installée en France (chiffres provisoires 2014 / Source SOeS), soit une production moyenne de 38 000 MWh (consommation annuelle de 30 000 hab. hors chauffage et ECS). »
Question n°323
Ajouté par Thomas VULLIOD (PARIS), le 09/05/2018
[Origine : Site internet ]

Afin d'assurer son alimentation électrique, la France doit disposer à chaque instant d'autant de puissance de production que de puissance consommée.

Les ENR intermittentes (solaire, éolien, usines marémotrices) n'offrent pas cette assurance car leur puissance produite varie à la hausse comme à la baisse (jusqu'à des puissances nulles) en fonction de facteurs naturels, indépendamment de la consommation.

La construction et le maintien de centrales pilotables (hydrauliques, nucléaires, thermiques à flamme) est donc nécessaire pour assurer la sécurité d'approvisionnement.

Une fois qu'elles sont construites, la France a le choix de les faire tourner à plein régime ou partiellement, ou bien de construire en complément des ENR intermittentes et de privilégier leur production.

Donc après avoir payé les coûts fixes des moyens de production pilotables nécessaires à la sécurité d'approvisionnement, se présente à nous le choix économique entre :
- payer en plus le coût marginal de l'électricité produite par ces centrales hydrauliques, nucléaires ou à gaz,
- ou bien payer en plus le coût complet des ENR intermittentes, càd leurs coûts fixes plus leurs coûts variables.

Le coût marginal de l'énergie nucléaire est d'environ 10€/MWh, et il devrait être inférieur pour les réacteurs EPR (notamment grâce à une consommation moindre de combustible par TWh d'électricité produite).

Le coût complet du solaire et de l'éolien ne descend en France jamais sous 60€/MWh, et ne pourra jamais descendre à un niveau aussi faible que 10€/MWh.

Pourquoi donc privilégier la construction d'ENR intermittentes si :
- elles n'ont pas la possibilité d'être rentables,
- elles n'apportent aucune sécurité d'approvisionnement supplémentaire,
- elles ne diminuent pas le moindre du monde le risque nucléaire puisqu'il faut toujours autant de centrales nucléaires avec autant de combustible en cuve, même si ces centrales tournent moins pour laisser la place aux ENR et gagnent ainsi moins d'argent pour payer leur maintenance,
- elles nécessitent des subventions pharaoniques (la Cours des Comptes parle de 120 milliards d'euros pour les ENR déjà installées),
- leur bénéfice environnemental est en France nul ou négatif ?

Merci par avance de me répondre autre chose que "pour diversifier notre approvisionnement", besoin réel mais auquel ces ENR intermittentes ne répondent pas.

Par ailleurs, je vous rappelle que RTE ne réussit dans ses scénario prévisionnels à faire baisser la place du nucléaire que grâce à une baisse de la consommation de pointe et une construction d'interconnexions supplémentaires avec nos voisins, éléments qui en eux-même ne justifient en rien la baisse de la part de cette énergie.

La réponse de La maîtrise d’ouvrage, le

Concernant la sécurité d’approvisionnement

Le bilan prévisionnel de RTE publié en 2017 montre que des trajectoires de développement des énergies renouvelables électriques sont possibles, sans avoir recours à de nouveaux moyens de production pilotables, et en réduisant la part du nucléaire. Il s’agit notamment des scénarios « Ampère » et « Volt ».

Les éléments fournis par le bilan prévisionnel sur la sécurité d’approvisionnement reposent, comme vous l’indiquez, sur la baisse de la pointe de consommation et le développement des interconnexions, mais également sur la contribution des énergies renouvelables à la pointe (notamment éolien terrestre et en mer) et sur le développement de nouvelles flexibilités (dont l’effacement).

Vous pouvez en outre utilement vous référer au site Eco2Mix de RTE pour constater la participation des énergies renouvelables (notamment l'éolien) à la sécurité d’approvisionnement au cours de l’hiver.

Il pourrait par ailleurs être rappelé que la sécurité d’approvisionnement peut se définir comme la capacité du système énergétique à satisfaire de façon continue et à un coût raisonnable la demande prévisible du marché. Pour le système électrique, le critère de défaillance, ou critère de sécurité d’alimentation électrique, représente le niveau de délestage accepté chaque année par la collectivité. Il est défini comme « une durée moyenne de défaillance annuelle de trois heures pour des raisons de déséquilibre entre l'offre et la demande d'électricité ». 

Ce critère signifie que chaque année, l’espérance, sur l’ensemble des scénarios de production et de consommation possibles, et en tenant compte de la contribution des interconnexions, de la durée pendant laquelle au moins un consommateur est délesté pour des raisons de déséquilibre offre-demande, doit être inférieure à trois heures.

Le respect du critère n’implique donc pas une absence totale de risque totale de défaillance, mais que le risque est contenu dans des limites définies. Ainsi, la sécurité d’approvisionnement doit s’apprécier de manière probabiliste sur plusieurs scénarios faisant évoluer la demande, la disponibilité de moyens de production renouvelables ou conventionnels y compris nucléaire.

La programmation pluriannuelle de l’énergie fera de plus l’objet d’une étude d’impact rendue publique (dite "évaluation environnementale stratégique"), portant sur les impacts économiques, sociaux et environnementaux. Cette étude d’impact prendra bien en compte l’impératif d’assurer la sécurité d’approvisionnement et chiffrera les coûts des éventuelles solutions de flexibilité du système électrique qui seraient nécessaires.

Concernant la rentabilité des énergies renouvelables intermittentes

Comme vous l’évoquez, le coût des énergies renouvelables électriques est encore supérieur aux prix de marché de l’électricité. L’Etat a mis en place plusieurs outils qui permettent de soutenir leur développement.

Il convient toutefois de noter que les résultats des derniers appels d’offres relèvent par exemple que les coûts des énergies renouvelables sont en très forte baisse, notamment pour le solaire photovoltaïque . A l’échelle mondiale également, le coût moyen des installations photovoltaïques et éoliennes est en forte baisse, comme le montre le graphique ci-dessous.

Pour le photovoltaïque, le coût de production des centrales au sol devrait être compris entre 40 et 50 €/MWh en 2030, et le coût sur bâtiment compris entre 60 et 70 €/MWh. Un coût de production compris entre 45 et 60 €/MWh est anticipé en 2030 pour l'éolien terrestre, et entre 50 et 100 €/MWh pour l’éolien en mer.

S’il est vrai que les services rendus au réseau ne sont pas les mêmes pour tous les moyens de production et qu’il convient d’être prudent dans la comparaison des coûts de production, il n’est pas correct de comparer le coût complet pour les énergies renouvelables et le coût marginal pour le nucléaire que vous établissez à 10 €/MWh ou moins pour les EPR, alors que ces dernières capacités n’ont pas encore été construites.

Concernant le bénéfice environnemental des énergies renouvelables intermittentes

Le tableau ci-dessous reprend les impacts environnementaux en analyse de cycle de vie de trois filières pour la production d’un kWh. Ces données sont issues de la base de données IMPACT tenue par l’ADEME. Elles montrent l’atout environnemental du photovoltaïque et de l’éolien, qui est d’un niveau comparable à celui du nucléaire.

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