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Question n°641

Production-utilisation des bio gaz

Ajouté par yves TALHOUET (Vannes), le
[Origine : Site internet]

Pour lutter contre le réchauffement climatique, on doit diviser par 4 où 5 nos émissions de CO2. Il serait intéressant de connaître la quantité de CO2 que la nature peut absorber par département. Cela permettrait de calculer la puissance de production est unités de méthanisation (production de bio-gaz). Il paraît évident que ce combustible ne sera pas suffisant pour ce substituer au celui issu des énergies fossiles carbonées. Pour l'utilisation de ce potentiel de bio-gaz, définir les utilisations possibles et leur ordre de priorité. Exemple : je lis dans la presse que GRDF (avec l' ADEME) lance un programme de 50 piles à combustible au gaz naturel (est-ce du gaz « naturel », énergie fossile carbonée, où du bio gaz ?) pour une utilisation en maison individuelle : a-t-on assez de bio-gaz pour cette utilisation ? Une utilisation pour la mobilité (cars de ramassage scolaire) ne doit-elle pas être privilégiée ? Ce genre de démonstration ne peut être pris en compte que si elle est incorporée dans un plan de développement cohérent.

Date de la réponse:
Réponse de La maîtrise d’ouvrage, le
Réponse:

Nous vous remercions pour votre contribution qui viendra enrichir notre réflexion. 

 

La loi Transition énergétique a fixé un objectif pour le gaz renouvelable, soit 10% de la consommation finale de gaz en 2010. La loi a également fixé des objectifs de développement ambitieux de la part des gaz renouvelables dans la production d’électricité, de chaleur et de carburant. Le biogaz aura un rôle à jouer dans ces secteurs. 

 

Le principal gaz renouvelable est le biométhane qui est produit par la fermentation de matières organiques dans des équipements appelés méthaniseurs. Il peut être produit à partir de déchets organiques (déchets de table, épluchures, tontes…), de déjections animales (lisiers) et de matières agricoles. En France, l’essentiel de la production de biométhane est réalisé à partir de résidus. Les matières agricoles ne doivent pas dépasser 15 % des matières utilisées pour produire l’énergie. On considère que la combustion du biométhane n’émet pas de gaz à effet de serre car le CO2 qui est physiquement émis a été capté dans l’atmosphère par la matière organique peu de temps auparavant : le bilan est donc nul.

 

Les piles à combustibles que vous évoquez peuvent fonctionner aussi bien avec du gaz naturel que du biométhane. S’ils ne sont pas produits de la même façon, ils présentent tous deux les mêmes caractéristiques. La disponibilité du biogaz n’est donc pas un facteur bloquant pour le développement des piles à combustibles fonctionnant au biométhane ou au gaz naturel.

 

Par ailleurs, vous avez raison : un des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie est d’identifier le meilleur usage des énergies, et d’orienter l’usage de la biomasse là où elle aura le plus de valeur ajoutée pour le système énergétique.

 

Dans les transports, le développement des carburants alternatifs et en particulier du GNV/bioGNV représente un levier important pour la transition et la décarbonation du secteur des transports, en particulier celles du transport routier et du transport fluvial. En effet, ce carburant permet de limiter la dépendance du secteur à l'égard du pétrole tout en diversifiant les sources d’énergies. Il permet également d’atténuer l’impact environnemental des déplacements et représente une opportunité forte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution atmosphérique et des émissions sonores. Par conséquent l’usage du gaz naturel véhicule produit à partir de biométhane est encouragé par les pouvoirs publics. Il fait l’objet d’une des 15 mesures dévoilées le 26 mars dernier par le ministère de la transition écologique et solidaire lors de la conclusion du groupe de travail sur la méthanisation qui a pour vocation d’accélérer l’installation d’unités de méthanisation sur le territoire et de répondre aux objectifs fixés par le Plan climat.

 

En complément, dans le dossier du maître d’ouvrage, pages 154 à 158, vous pourrez prendre connaissance des questions soulevées sur l’évolution de la part de gaz renouvelable lors d’un atelier préparatoire qui s’est déroulé le 19 octobre 2017.