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Avis n°456

Peut-on produire plus d'électricité avec moins de nucléaire ?

Ajouté par Sarah LENOIR (Noisy-le-Grand), le
[Origine : Site internet]
Mix énergétique

Pour une fois, les évolutions en France, en Europe et dans le monde se rejoignent sur un point : la demande en électricité va augmenter. C'est un fait qui se constate déjà et qui ne s'arrêtera pas. Cela m'inspire deux choses :
- Il faudra compter sur le plus grand nombre possible de sources d'énergies et donc les énergies renouvelables seront plus que les bienvenues. Aussi petite soit-elle, il ne faudra faire aucune impasse malgré un développement technique souvent long et coûteux.
- Il faudra aussi compter sur le nucléaire qui reste la première source d'énergie en France. Elle est bien maîtrisée, abondante et permet de s'éclairer et de se chauffer à un moindre coût (cf comparaison avec l'Allemagne par exemple).
Le nucléaire va encore rendre de fiers services et permettra de produire plus pour répondre à des besoins plus grands. Une fois la maturité des énergies renouvelables atteintes, le nucléaire diminuera sans secousse et sans cri.

Commentaires

On ne peut pas produire plus d’électricité avec moins de nucléaire. Pas encore ! Il va falloir attendre encore malgré les signes d’impatience des associations qui disent promouvoir l’écologie. Ces dernières n’ont certainement pas lu le rapport de l’Agence France Trésor disponible ici : http://www.aft.gouv.fr/documents/%7BC3BAF1F0-F068-4305-821D-B8B2BF4F9AF6...
Il est pourtant remarquable. Il est rappelé que ‘L’électrification [du parc automobile] ne peut participer à la transition énergétique que si la production d’électricité française se développe suffisamment tout en restant bas carbone’. C’est logique mais ceux qui veulent la fin du nucléaire comme Greenpeace n’entrent pas dans cette logique. Ils ne veulent plus de nucléaire mais ne proposent pas de solution de rechange immédiate. Les éoliennes et autres EnR ne sont pas encore au niveau pour assurer une production d’électricité du même ordre. La France a besoin de plus d’électricité et les antinucléaires font tout pour débrancher la principale source d’électricité... Les besoins en énergie augmentent dans tous les domaines/industries. Essayons d’être un peu logique et ne jetons pas le nucléaire aux orties.

75000

Bonjour,

votre commentaire me laisse penser que vous n'avez peut-être pas compris, comme la plupart des concitoyens, qu'ajouter une part ne serait-ce qu'infime de renouvelable intermittent ne donne aucun avantage (ni en terme de sécurité: maintien d'une forte production nucléaire, ni en terme économique: subventionnement important en appui à ce que peuvent produire les EnRi et dégradation de la rentabilité des nécessaires moyens de production pilotable ou de stockage, ni en terme environnemental: production de nouvelles installations qui impactent l'environnement sans pour autant remplacer les centrales classiques, qui restent nécessaire à la gestion de l'intermittence).

D'où vient alors cette idée du développement du renouvelable solaire ou éolien?

Des pays qui ont une production électrique de base à partir d'énergie fossile polluante (charbon, lignite, etc...) comme l'Allemagne ou le Danemark. Dans ces systèmes à forte composante pilotable + émettrice de CO2, tout ce qui est produit à partir d'autre chose moins émetteur de CO2 est bon à prendre. Voilà pourquoi, dans une grande confusion entre objectifs de réduction de CO2 et moyens à mettre en oeuvre pour y parvenir, L'Europe a décrété le "3 x 20 à l'horizon 2020" (-20% d'émission GES, +20% d'efficacité énergétique, +20% de renouvelable). Au passage, il est absolument indispensable de s'arrêter un instant sur les résultats donnés par cette politique: pas de réduction significative obtenue sur émissions CO2 => constat d'échec et nécessité de réévaluation.

Or c'est le contraire qui se passe: sous l'impulsion des lobbys des renouvelables, on demande toujours plus de capacités installées, en déplorant que l'objectif de 20% ne soit pas encore atteint. Personne cependant ( à part quelques rares figures qui peinent à se faire entendre dans le brouhaha médiatique) ne s'offusque du fait que le vrai retard inquiétant, celui concernant l'objectif de réduction des GES, s'accentue.

Que dire de la responsabilité de l'ADEME et des Ministères Batho-Royal-Hulot dans cette affaire?

L'ADEME, par exemple, sort un rapport de plusieurs centaines de pages -fin 2017- pour justifier implacablement un "inutile" développement éolien et rien (du-moins rien qui ne filtre dans les médias ou ne soit relayé par des personnalités politiques) sur l'échec des efforts faits pour diminuer notre empreinte carbone...

Que conclure de tout cela?

Peut-être la mise en évidence de la collusion possible (pour ne pas dire probable) entre instances nationales et européennes et acteurs du développement de ces nouveaux marchés que sont les EnRi, dans un contexte économique déprimé n'offrant que peu de possibilités à de "riches investisseurs".

Ceci expliquerait cela...

63500

Oui, tout n'est que conflits d'intérêts. Il y a l'intérêt de l'industrie nucléaire contre celui des renouvelables. Pour l'instant, c'est le lobby nucléaire qui l'emporte très très largement en France, championne internationale toutes catégories du nucléaire (EDF est un État dans l'État et ne jure que par le nucléaire malgré tous ses déboires). Le lobby du renouvelable et de l'économie d'énergie par rapport au lobby nucléaire, c'est le pot de terre contre le pot de fer (et c'est le pot de terre qui casse - mécaniquement).
Le nucléaire, comme le fissile et les énergies de stock sont à mettre dans le même sac des mauvaises solutions, à proscrire.
Notre salut passera fatalement par les énergies renouvelables de flux, qu'on le veuille ou non.
Il faut changer de paradigme, choisir enfin la bonne solution et arrêter de s'arc-bouter sur des mauvaises (uranium, diesel).
Il faut absolument arrêter de persévérer dans l'erreur avant qu'il ne soit trop tard car ce serait criminel si un accident nucléaire grave (de probabilité non nulle) se produisait en France.

44230

La peur d'un accident nucléaire potentiellement gravissime, de probabilité non nulle, ne doit pas nous faire perdre la capacité à voir d'autres dangers.

Parmi eux, le risque climatique, d'une toute autre ampleur, et dont la probabilité est donnée comme certaine par une grande majorité de scientifiques.

Dès lors, pourquoi investir temps et argent (massivement) dans une bouée (les EnRi) qui n'a que peu de chance de servir (et encore faudrait-il pour cela avoir développé la panoplie de solutions plus ou moins hypothétiques qui vont avec, stockage etc...), alors que "la maison brûle" par ailleurs ?

63500

Fossile et fissile sont des énergies sales à mettre dans le même sac. Il existe une troisième solution : le 100% renouvelable, économies d'énergie, sobriété heureuse, cogénération. Nous n'avons pas le choix mais ça ne sera pas facile (défi du XXIème siècle). Par contre si on se trompe encore (comme avec le diesel), nous n'aurons plus assez d'argent pour réussir cette transition et que nos yeux pour pleurer si un Fukushima arrive en France. Sachez que le renouvelable peut sembler cher mais il peut rapporter gros alors que le nucléaire qui vous paraît peu cher peut nous coûter infiniment gros (rayer la France de la carte par exemple). Ce n'est pas pragmatique, en 2018 de courir un tel risque (non assuré de surcroît).

44230