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Avis n°487

Immigration, développement, CO2, PPE

Ajouté par Henri PRéVOT (Paris), le
[Origine : Site internet]

L'actualité nous interpelle au bon moment, alors que se termine ce débat sur notre politique de l'énergie. Pour aider à diminuer la pression migratoire, ne gaspillons pas huit milliards d'euros par an en réduisant la part du nucléaire ; finançons dans les pays du Sahel du photovoltaïque et des batteries qui seront fabriqués en France. Nous pourrons alors être fiers de notre politique de l'énergie.

Nous pourrons sans doute accueillir plus de migrants qu'aujourd'hui mais il est sûr que nous devrons empêcher d'entrer chez nous la plupart de ceux qui voudraient venir ; s'ils insistent, nous serons obligés d'être désagréables et parfois méchants. Nous pouvons nous voiler la face. Mais la seule façon de pouvoir nous regarder dans la glace est d'aider au développement économique et social des pays d'émigration. Or ils ont besoin d'électricité ! Et la plupart d'entre eux ont du soleil ou du vent et pas de nucléaire ni de réseau électrique. Ici, en France métropolitaine, même après la très forte baisse de coût des éoliennes et du photovoltaïque que prévoit RTE, réduire à 50 % la part de nucléaire obligerait à dépenser chaque année 7 à 10 milliards d'euros par an de plus que si nous n'arrêtons aucun réacteur nucléaire en état de fonctionner. Et cela sans diminuer les émissions de CO2 ! Je l'ai démontré au cours de ce débat sur la PPE et j'ai mis à la disposition de tout le monde le moyen de le contrôler. Si l'on conserve notre potentiel nucléaire et si l'on utilisait une somme de 8 milliards d'euros par an à installer du photovoltaïque par exemple dans les pays du Sahel, cela produirait une quantité d'électricité égale à la moitié de la consommation française et éviterait l'équivalent de la moitié des émissions de CO2 dues à notre consommation d'énergie ! Si l'on est attaché à réduire les émissions de CO2, soucieux du développement des pays pauvres, préoccupé ou même effrayé par la pression de l'immigration et meurtri d'être dans l'obligation de refouler ceux qui nous font confiance et veulent venir chez nous, il est impossible de considérer notre politique de l'énergie avec des œillères ! Pourtant on me dit : « tu ne convaincras pas les Français d'investir 8 milliards par an en Afrique ». Bon ! Sur les 8 milliards par an économisés en n'arrêtant aucun réacteur nucléaire en état de fonctionner, employons 5 milliards pour les hôpitaux ou pour la justice par exemple et consacrons 3 milliards par an à installer du photovoltaïque dans des pays en développement ensoleillés. De plus, pour achever de convaincre nos concitoyens, rappelons qu'il sera possible de demander que cette aide finance l'achat d'équipements produits en France : cela ouvrirait un marché à notre industrie pour livrer des ensembles de photovoltaïque et de batteries, ce qui serait réellement créateur d'emplois(1). Le CO2 ne connaît pas de frontières. Nous serons utiles au monde entier en ne gaspillant pas 8 milliards d'euros par an mais en tirant au mieux parti du nucléaire, puisque nous le maîtrisons, et en installant du photovoltaïque là où il y de gros besoins d'électricité, beaucoup de soleil et pas de nucléaire. En cela nous pourrons être fiers de notre politique de l'énergie.

(1) alors que les prétendues créations d'emplois dues aux énergies renouvelables sont une plaisanterie : si l'électricité coûte plus cher avec 50% nucléaire qu'avec 75 %, il faudra plus d'emplois pour la produire mais les consommateurs auront moins d'argent pour faire des achats qui, eux, sont créateurs d'emplois.

Commentaires

Ce commentaire est plein de bon sens, de générosité et de profondeur de vue. L'explosion démographique de l'Afrique est inévitable. Pour éviter qu'elle devienne un baril de poudre dont l'explosion rasera l'Europe, il faut qu'elle devienne la principale source de développement au 21ème siècle, comme l'a été la Chine depuis 1980. Un des éléments de confort fondamental pour améliorer les perspectives des africains ruraux est de disposer d'électricité, ne serait que pour pouvoir lire et utiliser un ordinateur en soirée, sans parler de la conservation des aliments et des médicaments. Dès maintenant (rapport Birraux Jourde de l'OECST) le remplacement des groupes électrogènes utilisés dans de nombreux villages sud sahariens par des ensembles PV+batterie serait amorti sur quelques années, mais la difficulté est de trouver les fonds pour l'investissement. Les quelques milliards annuels que la France pourrait investir en Afrique plutôt que, inutilement, dans l'hexagone, aurait un effet gigantesque, rendant l'espérance d'un développement local aux jeunes ruraux africains.

38220

L'auteur de cet avis a parfaitement raison : le CO2 ne connaît pas les frontières, ses émissions sont un problème mondial, pas local. Par conséquent, utiliser l'argent disponible aux endroits du monde où il sera le plus efficace pour réduire ou éviter les émissions de CO2 est une évidence climatique. Ce d'autant plus que l'Afrique, continent très peu électrifié, a des besoins potentiels considérables qui risquent d'être satisfaits par la pire des solutions de facilité : des groupes électrogènes fonctionnant à l'essence ou au fioul, extrêmement émetteurs de CO2 car ils ont un rendement très faible et très polluants par ailleurs. Alors que l'on dispose de technologies solaires PV efficaces sous ces latitudes qui, associées à un stockage local par batteries, permettent de satisfaire sans aucune émission des besoins locaux de puissance certes réduite (quelques kW) mais qui changent totalement la vie des habitants (éclairage pour permettre aux enfants d'étudier le soir, production de froid pour stocker des médicaments et une partie de la nourriture, recharge des téléphones portables qui permettent d'être relié au reste du monde, etc.). L'enjeu climatique est considérable car il concerne 1 milliard de personnes dans le monde, qu'il faut aider à ne pas consommer des combustibles fossiles ! C'est en outre un moyen efficace de contribuer à fixer les populations sur place en leur donnant un avenir économique dans leur pays, comme le souligne l'auteur de l'avis. Arrêtons donc le nombrilisme hexagonal !

78000

Vous semblez bien généreux pour aider les africains à développer leur solaire afin de sauver notre nucléaire.
Il faudrait que le solaire se développe beaucoup plus en Afrique, indépendamment de nos problèmes franco-français (et le gisement est gigantesque).
Il ne faut pas tout mélanger.
Si vous pensez que le renouvelable est bon pour l'Afrique, alors, pourquoi ne le serait-il pas pour nous ?
Le solaire en Afrique n'annulera pas le risque du nucléaire en France, si on continue à les faire fonctionner. Fukushima en France sur des centrales vieillissantes ou/et non conformes (acier trop riche en carbone) et nous n'aurons que nos yeux pour pleurer et plus rien à donner aux africains.
Quand on veut donner quelque chose à quelqu'un, donnons lui quelque chose que l'on aimerait bien avoir nous-mêmes. Pour moi, en tout cas ce ne sera pas du nucléaire mais du renouvelable.
Pour l'instant nous avons davantage pris que donné aux africains (uranium, pétrole). Je reste dubitatif et incrédule, cependant il faut bien reconnaître que le don va dans le bon sens. Plus on donne plus on a et le plus important n'est pas d'avoir mais de donner.

44230

Merci Henri d’avoir rappeler que l’Accord de Paris concernant le climat à l’issu de la COP21 rappelle comme l’une des conditions la nécessité de financement du fond vert décidé à Copenhague à hauteur de 100 milliards de dollars par an.
Merci d’avsoir insister sur le gaspillage que constitue, en France, les sommes consacrées à importer des ENR électriques intermittentes non pilotables qui s’accompagnent d’un accroissement des émissions de GES du pays alors que 7 milliards d’euros par an permettraient de contribuer de façon décisive au développement énergétique de certains pays africains. Tu aurais pu ajouter aux moyens financables ce qui touche à l’amelioration de la fertilité des sols et la biodiversité : notamment agroforesterie et reforestations. Selon Monique BARBUT, secrétaire Excécutive de la convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification, c’est le moyens le moins coûteux pour contribuer à la séquestration et au stockage de carbone en même temps qu’au développement des pays et populations concernées.
Tu aurais pu ajouter enfin que le nucléaire fera partie de la solution concernant le climat à l’echeolé mondiale et qu’il est d’intérêt général que notre pays conserve une haute compétence dans ce domaine.

75011

C'est juste ridicule de parler de générosité. On me taxe dans chaque facture d'électricité pour arroser des particuliers ou entreprises pour qu'elles couvrent le pays de panneaux PV qui produisent à midi alors que je n'en n'ai pas besoin mais pas le soir quand j'en au besoin. Lorsque chaque ensemble PV sera équipé de stockage d'au moins 24 h on pourra en reparler. Je ne vois pas comment le PV pourrait remplacer le moindre réacteur. Ce n'est donc pas de la générosité mais l'espoir que l'argent qu'on me taxe serve à quelque chose d'utile. Et je dois dire que je suis fatigué par la sempiternelle allusion aux risques du nucléaire qui n'a fait aucun mort dans le public depuis qu'il existe en France alors que le nombre de morts sur les routes est d'environ 3500/an. Quand il n'y en aura plus je prendrai au sérieux votre trouille.nucléaire

38220

L'idée est excellente . Sa prise en compte suppose que le législateur accepte d'écouter les arguments de bon sens et les données chiffrées qui prouvent que la limitation du nucléaire dans le mix électrique français ne reposent sur aucun argument rationnel . Or toutes les réponses apportées par les modérateurs aux différents commentaires se résument e fin de compte par l'argument d'autorité : le pourcentage de nucléaire est fixé par la loi et de ce fait, est intangible .

75017

La contribution de M Prevost est exceptionnelle

Elle allie une réflexion entre les domaines scientifiques mais aussi humains

L'aide aux pays africains permet à ces derniers de se développer
Très très bonne analyse d 'un point de vue mondial Le photovoltaïque doit effectivement être développé dans ces pays
Contribution brillante

Eric EPHRITIKHINE

91310

Merci Monsieur Prévot de rappeler que notre politique de l’énergie doit tenir compte des autres enjeux et se situer dans un contexte mondial. Il FAUT que la France contribue au développement économique et social des pays d’Afrique et ces pays ont besoin d’électricité. Et il FAUT que la France contribue à diminuer les émissions mondiales de CO2. Nous y sommes prêts même si cela doit coûter quelque chose. Mais au moins, que l’effort qui nous sera demandé soit efficace ! Et comme vous le dites, l’efficacité, c’est de financer du photovoltaïque dans les pays qui ont du soleil et qui ont besoin de nouvelles sources d’électricité. Tout le monde le comprendra !

78600

Merci à Henry pour cette contribution

Une belle réflexion qui allie les problématiques mondialistes de productions d'énergies ,de migration , de développement industriel

Le photovoltaïque sera l'avenir de l'humanité pour ces populations

Encore Merci pour cette contribution d'une grande intelligence

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