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Avis n°558

Hydroliennes Golfe Morbihan

Ajouté par jean-jacques LABAT (Arradon), le
[Origine : Site internet]
Energies renouvelables

Objet : installation d’hydroliennes dans le golfe du Morbihan

Le progrès en matière de technologie repose sur un fonctionnement pyramidal.
A la base de la pyramide, des idées innovantes. Au sommet, un équipement performant , pérenne, économiquement rentable et socialement acceptable, conciliable avec les autres usages en un mot pertinent.Entre la base et le sommet, des étapes successives à accomplir :analyse de projets homologues, causes des succès et/ou des échecs, études de faisabilité et d’impact, analyse des bénéfices et inconvénients, réalisation d’un pilote puis développement.
Il importe de valider chaque étape, faute de quoi on s’expose à de grandes déconvenues : échec technologique sévère, cohabitation inter-usages très conflictuelle, coûts exorbitants et gâchis financier, perte de temps et d’énergie au détriment d’autres projets, etc…
S’agissant d’installer des hydroliennes dans le Golfe du Morbihan, il importe en premier lieu de tirer toutes les conséquences des difficultés non résolues et des échecs constatés un peu partout sur la planète, et d’en analyser les causes. Le risque est grand , dans ce type de projet dont l’idée sur le papier était séduisante, d’entretenir en la matière une sorte de déni. L’étude d’impact relative à ce projet n’est pas en mesure de conclure sur l’impact faune piscicole ou céphalopodes ; nous ne disposons pas d’état initial en la matière et pas de moyens d’évaluer quoi que ce soit dans ce domaine.
Le problème des contraintes de maintenance de tels équipements au milieu d’un véritable couloir d’autoroute pour la navigation se doit d’être abordé et résolu , dans un secteur où la fréquentation est telle que tout mouillage y est interdit.
Par ailleurs, il importe de prendre acte avant toute expérimentation in situ, des contraintes rédhibitoires qui ont fait capoter les implantations d’hydroliennes en Bretagne , en Ecosse, au Canada, en Scandinavie,…Ce sont des contraintes physiques (usure accélérée), chimiques (corrosion), biologiques( colonisation surfacique), etc…Au fil des ans ,les abandons successifs, les difficultés non résolues ont contribué à donner à cette filière une connotation d’impasse technologique.
D’autres aspects spécifiques au Golfe du Morbihan, tels la présence régulière et/ou en quantité importante de corps dérivants, d’origine anthropique ou non( algues entéromorphes),ajoutent des difficultés à un projet qui en regorge déjà sur le plan conceptuel.
Enfin , pour faire bonne mesure, et au vu du faible nombre d’heures de fonctionnement enregistré dans les autres projets bretons aujourd’hui en panne, on aboutit à des coûts de revient du kwh démesurés, ce qui disqualifie cette filière en termes concurrentiels.
Si elle n’est pas abandonnée au plus vite, la poursuite d’un tel projet se soldera par un énorme gâchis d’argent public.
Celui-ci est trop précieux pour l’engager dans des échecs notoirement préétablis.