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Point de vue n°140

Eolien, un choix à ne pas faire

Association VENT DE COLèRE (Peyraud) Site internet

Le développement de la production électrique par des éoliennes industrielles est mis au premier des objectifs de la PPE. Pourtant les avis des principales académies et de la Cour des Comptes y sont défavorables. Pourtant l'éolien ne se développe que grâce à des subventions, des dérogations et des privilèges sans précédents dans l’histoire de l’aménagement du territoire français.

Commentaires

Nous avons une maison située dans le sud de la Vienne à la limite de l'Indre et de la Haute Vienne et nous constatons depuis 5 ans que le projet éolien que nous a amené le Maire n'est qu'une partie de l'encerclement qui est en train de se produire sur cette région et surtout crée un drame social doublé d'un drame environnemental.
Avec nos voisins hollandais et les anglais (de modestes retraités) nous nous battons contre ce projet (19 éoliennes sur notre commune mais 200 en projet dans un rayon de 30km). Cette population a lourdement investi dans des gîtes, des hébergements touristiques et autres maisons qui étaient abandonnées...

Cette véritable marche forcée vers le "tout éolien" semble gangréner le territoire mais va en plus s'opposer à la Loi Biodiversité qui combat l'artificialisation des sols.

Le désastre écologique sera grave et irrémédiable: une base de 1500 à 2000 tonnes de béton jusqu'à 4 mètres sous la surface du sol, et ce, pour chaque éolienne, cela ne se démonte pas si facilement surtout disséminée dans la campagne. Nicolas Hulot avait parlé il y a une dizaine d'année de "mitage du paysage" en parlant des parcs éoliens. Il suffit de penser au mur de l'Atlantique dont on peut "admirer" les nombreux vestiges sur nos côtes 70 ans après...

Les oiseaux migrateurs passent juste au dessus de notre village et le promoteur en a pris acte puisqu'il a retiré une des 20 éoliennes du projet pour faire appel de la décision de la préfète qui avait refusé le permis de construire.

La population est profondément divisée.
Seul un moratoire permettra d'éviter la catastrophe.

Francois Pays - Vent de Raison (86290)

86290

Le choix de « Vent de Colère » de citer des avis d'experts (Cour des comptes, Académie de médecine, …) et d’en faciliter l’accès au lecteur par le lien vers le document d’origine mérite d’être salué.

Il est alors aisé de constater rapidement que les extraits et « morceaux choisis » ne reflètent en rien l’intégralité de leur contenu, particulièrement celui du rapport de l’Académie de médecine.

Commençons par relever que cette institution contredit en 2017 une partie de ce qui a été écrit par sa consœur des Beaux-Arts dix ans auparavant, également citée par « Vent de Colère ». « La défiguration du paysage par des structures considérées comme inesthétiques voire franchement laides [ne doit pas être considérée comme] un problème d’esthétique environnementale [car] le temps influera probablement sur nos critères de beauté architecturale » (p12). La tour Eiffel, d’une hauteur supérieure aux éoliennes, monument le plus visité de France, n’a-t-elle pas été en son temps décriée ?

Que dit réellement Académie de médecine à propos des nuisances sonores des installations éoliennes terrestres ? « L’intensité des infrasons et des basses fréquences émis par les éoliennes est faible, ne dépassant jamais 60 dB » (p7). « Les infrasons émis par notre propre corps
(battements cardiaques ou respiration) […] sont plus intenses que ceux émis par les éoliennes » (p8). Par ailleurs, « toutes les études montrent que [l’intensité du bruit éolien] est relativement faible, restant souvent très en-deçà de celles de la vie courante » (p13).

Les nuisances visuelles ? Une certaine gêne peut apparaître, mais « le risque d’épilepsie dite photosensible ne peut être raisonnablement retenu » (p12). En revanche, «  la défiguration du paysage constitue, par son retentissement psychologique [...] une nuisance réelle » (p6).
Lorsqu’elle détaille dans son rapport les facteurs psychologiques ayant une influence sur les nuisances sanitaires ressenties, l’Académie n’omet pas de mentionner parmi eux la « diffusion via notamment les médias, les réseaux sociaux voire certains lobbies d’informations non scientifiques accréditant des rumeurs pathogéniques non fondées » (p12).

L’Académie des Sciences ayant quant à elle publié son propre cahier d’acteur (n°82), il convient de s’y référer pour constater que son propos va bien au-delà du résumé présenté par « Vent de Colère ».

On regrettera pour conclure que les « incroyables privilèges des exploitants d’éoliennes en France » ne soient, eux, étayés par aucun avis d’experts. Dommage …

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Bonjour,

quelques éléments de réponse à votre commentaire:

- sur la question de l'intégration des éoliennes au paysage: il est quasiment comique de vous voir préférer l'analyse (en une phrase) de l'académie de médecine qui n'a pourtant guère de compétence en la matière, à celle de sa consoeur des Beaux-Arts...
On pourrait d'ailleurs (ce n'est pas interdit), voir dans cette percée hors de son champ de compétence une tentative de sa part pour relayer les attentes de la filière éolienne... Ce qui (si cela était avéré) poserait vraiment question !

- à propos de l'intensité des infrasons et sons basse fréquence:
ce n'est pas tant l'intensité prise isolément qui est à prendre en compte, que l'effet sur la personne (qu'il soit d'ordre psychologique, ou de "réaction réflexe").
Ainsi, par exemple: un son basse fréquence émis par un tremblement de terre lointain pourrait être de faible intensité (plus faible éventuellement que celle d'un son émis par son propre corps) et pour autant être bien plus dérangeant (par le réflexe de fuite provoqué...).
La prise en compte de la gêne occasionnée par un son ne saurait se limiter à une quantification de son intensité.
Par contre, ce qui est intéressant à analyser, c'est de voir comment ces notions d'intensité sonore sont exploitées par les "promoteurs de la solution éolienne" pour donner à leur argumentaire une solide objectivité "de façade"...

- pour terminer, à propos de vos regrets sur le fait que: "les « incroyables privilèges des exploitants d’éoliennes en France » ne soient, eux, étayés par aucun avis d’experts", je vous répondrais : et pour cause! Les exploitants rechignant à publier leurs résultats, même lors de sollicitation officielle... Notamment par la CRE (commission de régulation de l'énergie) lors de l'établissement de son rapport de 2014 sur les "coûts et rentabilité des énergies renouvelables en France métropolitaine". Elle écrivait en page 12:
"Déroulement de la procédure de collecte des données:
[...] Les sociétés concernées par l’analyse de la CRE ont reçu un courrier [..] leur présentant la démarche et leur demandant de transmettre un ensemble de données techniques, économiques et financières permettant le calcul du coût réel de l’électricité produite et de la rentabilité dégagée par l’obligation d’achat, justifiées par les documents comptables (contrats, factures, etc.) permettant de les attester.
Un délai d’un mois était laissé aux producteurs pour envoyer l’ensemble des éléments demandés. Le taux de réponse à l’issue de ce délai étant très faible, la CRE a procédé à l’envoi d’un courrier de relance. La procédure de collecte des données a ensuite fait l’objet de très nombreux échanges avec les producteurs, la plupart d’entre eux ayant partiellement ou incorrectement répondu."
Par ailleurs la CRE écrivait dans sa conclusion, page 30, confortant en cela l'existence d'incroyables privilèges pour des exploitants d'éoliennes :
"[...] Des situations très diverses existent [...], qui peuvent conduire, pour les parcs bénéficiant des meilleures conditions de vent, à des rentabilités très supérieures voire excessives au regard du CMPC de référence."
Ces écrits officiels suffisent-ils à vous convaincre de l'existence d'un problème?

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