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Le forum de discussion

Du 19 mars au 30 juin 2018, ce forum permet à chacun de donner son avis sur la PPE ou sur le débat public lui-même. Tous les avis sont rendus publics et ouverts aux commentaires. Ils seront pris en compte par la commission lors de la rédaction du compte rendu du débat.

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Avis n°503
Ajouté par Bernard DURAND (Arvert), le 27/06/2018

Résumons ce qui a été dit dans ce débat sur l’éolien en France par les énergéticiens :

L’intermittence de l’électricité éolienne fait que celle-ci ne peut :
- ni garantir la consommation d’électricité, en France comme ailleurs en Europe,
- ni permettre de fermer des réacteurs nucléaires en France,
- ni faire diminuer les émissions de CO2 de notre production d’électricité, bien au contraire.
- ni assurer l’autonomie électrique, et a fortiori énergétique d‘un territoire.

Elle n’est pas renouvelable car elle ne peut être utilisée sans le soutien d’énergies non renouvelables, et ne peut donc garantir par elle-même la sécurité à long terme de l’approvisionnement électrique ni en France ni ailleurs en Europe.
Même si son prix à la production diminuait beaucoup avec le temps, son développement en France n’en ferait pas moins inévitablement beaucoup augmenter le prix de l’électricité pour les ménages, comme cela est déjà le cas en Allemagne et a commencé en France. Son développement est donc antisocial, d’autant plus que son mécanisme de financement appauvrit les pauvres pour enrichir les riches !

L’importance de la place qui lui est nécessaire pour produire des quantités significatives d’électricité fait que son développement entraînera l’inhabitabilité de surfaces très importantes, des conflits d’usages et d’intérêts croissants, des destructions de l’environnement et la défiguration des paysages ruraux de régions entières.

Ces observations contrastent fortement avec l’image idyllique de l'éolien qui est depuis des années véhiculée avec insistance par tous les moyens d’"information" pour façonner l'opinion.

Nos élus, préoccupés à juste titre par l’amélioration du quotidien de leurs administrés, sont motivés exclusivement par les subventions qui leur sont octroyées par les promoteurs, sans réaliser qu’ils entraînent ainsi notre pays dans une impasse, celle justement où vient de se fourvoyer l’Allemagne.

Notre gouvernement se conduit également de manière irresponsable, en s’accrochant à une loi, la Loi pour la Transition Energétique et la Croissance Verte (LTECV), dont les objectifs affichés sont irréalistes et contradictoires. C’est de l’autisme !

C’est même de la folie ! Et l’éolien en mer, c’est de la folie furieuse ! Comment qualifier autrement le fait de payer grassement des promoteurs, pour installer en mer près de nos côtes des centrales aussi coûteuses, produisant une électricité aussi inutile, et même inutilisable sans le soutien de centrales pilotables, cela pour saloper l’environnement dans des zones Natura 2000 ou de parcs naturels marins qui devraient être des sanctuaires environnementaux. Le plus scandaleux est que cela se fait avec l’approbation des grandes ONG ayant pignon sur rue et qui se réclament bruyamment de la défense de l’environnement : FNE, WWF, Greenpeace ! Un grand bravo à ces associations pour leur magnifique exemple !
De plus, les 2/3 des sommes dépensées iront à l’étranger. Il n’y aura pratiquement pas d’emplois permanents en France, et même les installateurs viendront en majorité de l’étranger.

Avis n°495
Ajouté par Bertrand HERRERO (Campbon), le 26/06/2018

Les centrales thermiques en France ne sont pas les plus émettrices de carbone mais sont essentielles dans le mix énergétique pour assurer les périodes de pointes. Particulièrement la centrale de Cordemais qui est situé dans l’Ouest, structurellement en déficit de production.

La solution ne passe pas par la biomasse mais par le captage du carbone. Le projet présenté par les salariés de la centrale et du port permet le captage de l’intégralité du carbone afin de nourrir des algues. Les avantages sont nombreux :

1- Conserver nos emplois et ne pas désindustrialiser notre territoire de la Loire Atlantique.

2- Créer une première filière industrielle sur le territoire car les algues sont une ressource renouvelable qui a de nombreuses applications ;

3- Créer une seconde filière industrielle en exportant cette solution. En effet, si la France arrête la production d’énergie à partir de charbon, de nombreux pays vont continuer de l’utiliser, à commencer par nos voisins européens. Nombreux sont ceux qui conservent le charbon comme principal source de production d’électricité.

Nous pourrions créer une nouvelle filière créatrice de richesses, de nouveaux emplois, bonne pour réduire notre déficit commercial et qui aurait un vrai impact sur la baisse des émissions de CO2 à partir du charbon, car à l’échelle de la planète.

La centrale de Cordemais et son territoire, d’Estuaire et Sillon, de Loire Atlantique et de Pays de la Loire peuvent être ce laboratoire de nouvelles technologies pérennes bonnes pour notre économie et pour l’environnement. La biomasse n’arrivera pas à pérenniser la Centrale de façon satisfaisante.

Avis n°260
Ajouté par Nicolas MARTELAS (Marseille), le 24/04/2018

L'essor (très) rapide de l'éolien et du PV est non seulement souhaitable mais aussi inéluctable (vu l'effondrement des coûts ces dernières années). Il est nécessaire de s'y préparer en amont, avec beaucoup plus de sérieux qu'on ne le fait actuellement. Pour pallier le plus efficacement possible au problème de l'intermittence, il y a un consensus sur le fait que nous aurons besoin d'une vaste quantité de moyens de stockage. Beaucoup misent sur les batteries chimiques, et/ou le power-to-gas-to-power, et/ou d'autres technologies en développement. Or ces technologies, pour prometteuses qu'elles soient à long terme, restent aujourd'hui trop chères pour une utilisation massive. A court terme (et possiblement à moyen terme), en première analyse, seul le stockage hydraulique (par stations de pompage, dites STEP) est à même de fournir des capacités de stockage massives à un coût raisonnable. Il parait donc urgentissime d'étudier beaucoup plus sérieusement qu'on ne le fait actuellement les perspectives de développement de cette technologie. Sur quels sites peut-on raisonnablement installer de nouvelles Step ? Serait-il envisageable de créer des Step semi-souterraines (avec le réservoir aval enterré) à partir des grands barrages non équipés ? Et quid des STEP maritimes ou semi-maritimes ? Etc.

Avis n°502
Ajouté par Brice VELTY (Suresnes), le 27/06/2018

Soit le nucléaire est un levier essentiel de lutte contre le réchauffement climatique, et on ouvre les vannes, on multiplie les centrales,et on passe en électrique le maximum d'usage énergétique assuré par le pétrole/gaz (chauffage des logements systématique par pompe à chaleur par exemple). Soit le nucléaire n'est pas un levier de lutte contre le réchauffement, et on ferme toute les centrales. Si le débat arrive à valider cette approche dogmatique et marketing du 50%, c'est qu'il n'aura servi à rien.

Avis n°501
Ajouté par pierre BAJARD (montsegur sur lauzon), le 27/06/2018

La question 636 me paraît primordiale dans ce débat de la PPE car enfin émerge le problème de fond et rejoint les aspects géopolitiques primordiaux qui sont à la manœuvre et manipulent notre opinion publique. Par forcément pour le bien des Français et de la lutte contre les effet de pollution et le réchauffement climatique. Il est clair que le monopole français d’état qui à donné à la France pendant 30 ans, en toute équité et mutualité une énergie à prix constant,(Électricité et gaz) tout en permettant à l'état de récupérer en moyenne 2Md€/an , est volontairement fragilisé depuis l'ouverture du marché , dont l'objectif était la baisse pour le client final. L'envolée des prix (plus de 60%) et un transfert vers le privé conséquent. (L'hydraulique de la CNR, le Gaz de France via Suez ENGIE, les ENRi subventionnées, la loi NOME avec 25% de l’énergie nucléaire cédée à prix coutant à la concurrence sans effet sur le prix au compteur). L’énergie est enjeu majeur, seul l'état peut et doit garantir son approvisionnement et sa distribution dans notre pays démuni en ressources (au moyen de la force nous l'avons vu s'il le faut ce qui est contraire à l'objectif des droits de l'homme) . Nous prenons le chemin inverse, le risque d'accroissement de la dépendance est sérieux et le racket des Français bien amorcé au niveau de l'Union Européenne su le sujet. La PPE se devrait de prendre en compte ces éléments cruciaux. Nous attendons donc la réponse sur le sujet.

Avis n°455
Ajouté par Marc DENIS (Cergy), le 18/06/2018

Je ne redirai pas ce que diverses organisations comme le CLER, le RAC... et organismes comme l'ADEME ont déjà dit dans leur contribution.
Notre monde change, les technologies évoluent, les enjeux environnementaux (risques technologiques majeurs de la filière nucléaire, changements climatiques...) constituent de vrais risques pour l'humanité, des perspectives de nouveaux marchés dans la maîtrise de l'énergie (MDE) et des énergies renouvelables émergent partout dans le monde et nous devons les saisir.

Des décisions structurantes favorisant économie d'énergie, développement des renouvelables et conciliant protection du climat et sortie du nucléaire sont à prendre.

Il faut libérer les initiatives citoyennes et permettre aux collectivités territoriales de tenir pleinement leur place dans ce changement profond et inéluctable de notre système énergétique. L'attribution, par exemple, d'une part de la Contribution Energie Carbone devrait être réaffectée aux collectivités territoriales pour mener ces politiques en faveur de la MDE et des ENR.

Marc DENIS
Dr en Sc. Physiques
Vice Président de la Communauté d'Agglomération de Cergy Pontoise

Avis n°499
Ajouté par François POIZAT (SAINTE-FOY-LES-LYON), le 27/06/2018

L'Allemagne, notre modèle, présente-t-elle un "marché libre et non faussé" ? Et est-ce vers cela que nous voulons aller ?
____________________

Les prix négatifs de l’électricité allemande

J’expose, ci-après, les résultats d’une étude très fouillée des prix de production d’électricité affichés par Fraunhofer ISE, un « Institut für Solare Energie-systeme », sur son site www.energy-charts.de. Etude intitulée « Des prix d’électricité négatifs en Allemagne ? » (1), consistant en une compilation exhaustive et une analyse serrée des données Fraunhofer sur toute l’année 2017, elle se veut également didactique pour aider le lecteur à naviguer dans ce site extrêmement riche et, ainsi, à vérifier par lui-même la rigueur d’une étude basée sur des sources inattaquables, émanant d’un institut allemand, voué à la promotion du photovoltaïque et de la politique d’Energiewende.

1. Mais comment un prix négatif est-il possible ?

Un prix négatif, pour le commun des mortels comme pour l’économiste chevronné, s’apparente à un « Objet Financier Non Identifié », du moins avant 2008, date de son introduction en bourse EPEX.
Il se trouve que l’excès d’offre, éolienne ou solaire, prioritaire sur le réseau, pousse les prix à la baisse au point qu’il est plus rentable pour certaines centrales conventionnelles de payer des consommateurs pour qu’ils consomment leur production que de supporter les coûts d’arrêt/redémarrage de leur centrale.
Pourquoi les énergies renouvelables (EnR) _ pas seulement les intermittentes (EnRi), d’ailleurs _ sont-elles prioritaires sur le réseau ? Elles le sont :
- non seulement de facto, du fait de la nullité de leur coût marginal puisqu’elles n’ont à couvrir aucun frais de combustible ou d’exploitation (par ailleurs, leurs coûts de maintenance sont très faibles)
- mais aussi de jure, car elles ne concourent pas sur le même marché de gros : leur production est achetée à des tarifs extrêmement incitatifs, en amont du marché EPEX, par les acheteurs obligés que sont les « Gestionnaires de Réseau de Transport » (GRT homologues de notre RTE, « Réseau de Transport de l’Electricité » (2)).
Et pourquoi ces producteurs conventionnels font-ils ce choix apparemment anti-économique ? Parce qu’ils s’épargnent un redémarrage difficile, voire problématique, quand, quelques heures plus tard, la demande sera là. C’est une façon de maintenir « en bouillotte » leur installation thermique (gaz, charbon ou lignite) ou, dans le cas d’un réacteur nucléaire, d’éviter de laisser celui-ci se faire momentanément empoisonner par ses produits de fission … De la sorte, ils sont à même de garantir l’équilibre instantané de l’offre et de la demande, condition sine qua non de la sécurité du réseau électrique.
Ainsi avons nous affaire à une situation oxymorique mettant en compétition :
- dans un marché classique, régi selon le bien connu « merit order » applicable à tous …
- des acteurs dont certains qui ont déjà payé, en vertu d’une obligation quasi-soviétique, une production incontrôlable et qui, responsables de la sécurité du réseau, n’ont qu’une issue, à savoir faire écouler celle-ci à n’importe quel prix !

2. Constats

Rien d’étonnant, donc, à ce que les épisodes de prix négatifs se multiplient au fur et à mesure du développement de ces énergies « fatales ». Pour preuve, nous nous contentons ici de lister les résultats fournis par l’analyse approfondie des statistiques Fraunhofer pour les 35.040 quarts-d’heure que compta l’année 2017 :

2.1. On dénombre 119 jours durant lesquels EPEX a enregistré au moins un quart d’heure de prix de gros négatif, soit 1 « jour négatif » sur 3 (dont 46 profonds, c’est-à-dire un prix inférieur à -20 €/MWh, soit 1 tous les 8 jours).

2.2. De façon plus significative encore, on constate que, sur 53 dimanches, 38 sont marqués par ces « anomalies », soit près de 3 « dimanches négatifs » sur 4 ! Et 20, plus de la moitié de ceux-ci, sont précédés de « samedis négatifs ». Il y a donc une claire corrélation avec les fins de semaine, statistique qui s’aggrave à 43/58 (74 %), autres jours fériés inclus.

2.3. Par contre, on ne détecte pas de sensibilité particulière à la saison. Notamment, on constate une étonnante régularité du nombre de dimanches négatifs. Tout au plus, hiver et automne semblent-ils un peu plus exposés.

2.4. Enfin, ces prix négatifs apparaissent de nuit comme de jour. Deux prévalences circadiennes sont assez significatives : celle de 16 h 00 traduit l’importance du solaire, de caractère fatal, celle de 23 h 45 traduit vraisemblablement un comportement de trader adaptant ses enchères du lendemain …

2.5. Mais, d’ores et déjà, on peut affirmer que les prix négatifs sont imputables aussi bien au solaire, en été, à moindre consommation tout de même, qu’à l’éolien en hiver (toujours plus venteux).

2.6. Ces prix négatifs représentent 182 heures cumulées, dont 126 heures dominicales, à - 19,79 €/MWh en moyenne (3).

3. Explication du mécanisme de formation de prix de gros négatifs

Les corrélations entre ces prix de marché négatifs (en €/MWh) d’une part, les puissances contributives (en GW) d’autre part démontrent que l’excès d’énergies intermittentes (solaire en printemps-été, éolienne en automne-hiver) par rapport aux énergies conventionnelles semble être la cause essentielle de l’effondrement du prix de gros.
S’y ajoute, notamment en fin de semaine, la plus faible puissance appelée.

4. L’excès de production pèse sur l’export

4.1. Cette concomitance est flagrante, comme le prouve l’érosion de la position française, dont les exportations ont, de 2011 à 2017, régressé de 28% (- 19,3 TWh) quand celles de l’Allemagne ont progressé de 46,6 TWh.
Le cas de la Suisse est encore plus emblématique : l’export d’Allemagne vers la Suisse a d’abord décru (conséquence de sa sortie du nucléaire ?) mais il a vigoureusement repris depuis 2014 (+ 6,6 TWh soit + 57 %). Et, en 2017, l’Allemagne n’importe quasiment plus d’électrons helvétiques (384 GWh seulement).
Ce qui avait été anticipé dès 2012 par un président de BKW International qui déclarait que « les STEP [Stations de Transfert d’Energie par Pompage, essentielles pour le stockage] suisses voient ainsi leur compétitivité baisser face au fort développement du photovoltaïque en Allemagne ». Point de vue corroboré en 2017 par Vattenfall justifiant ses mesures de restructuration comme « la seule chance de garder [ses] installations de pompage-turbinage en Allemagne en exploitation sur le long terme ».
Globalement, on constate que, si l’Allemagne voit ses exportations progresser de 12,5 TWh (soit +22,3 %), le reste de l’Europe, lui, régresse de 55,4 TWh (soit -15,8 %).

On assiste donc au déversement massif des excédents allemands sur les pays voisins, dont certains se prémunissent : c’est le cas de la Pologne et de la République Tchèque, qui ont installé des transformateurs-déphaseurs, tout comme la Belgique submergée à sa frontière néerlandaise par l’électricité produite en Allemagne du nord pour revenir en … Allemagne du sud (faute de capacités de transit intérieures), via la France et la Suisse.

4.2. Pour autant, sans doute du fait de ces étranglements internes ou frontaliers, les prix moyens observés en Belgique, France et Suisse s’établissent autour de + 30 €/MWh, au lieu des -14,08 €/MWh en Allemagne (selon RTE). Pour l’heure, on ne constate donc pas de propagation des prix négatifs allemands sur les pays voisins, hormis quelques heures pour les 3 pays cités.
Le postulat de RTE (« une capacité d'échange insuffisante crée une différence de prix entre les marchés de gros ») semble ainsi se transformer en théorème : les prix négatifs allemands sont très vraisemblablement liés à des possibilités d’export insuffisantes.

5. Qu’en conclure ?

5.1. Une première réaction s’impose, de stupéfaction : comment, dans un marché organisé, peut-on non seulement vendre à perte mais encore payer un acheteur pour écouler un produit qui ne lui est pas nécessaire ? Vue de cet « acheteur », l’Allemagne, c’est cocagne !
Non pas que les sommes en jeu soient monstrueuses. Il est d’ailleurs difficile de s’en faire une idée car tout dépend des paquets d’énergie ainsi négociés, ce sur quoi nous n’avons aucune information. Selon une source allemande, non vérifiée, la « soulte » s’élèverait à 180 M€ pour la seule année 2017, moitié de la facture similaire pour la période antérieure, de 2008 à 2016.

5.2. Indépendamment de l’aspect financier, ne doit-on pas souligner une situation ubuesque : celle d’un pays à la pointe de l’écologie, prônant le recours aux moyens renouvelables et la sobriété énergétique, qui n’hésite pas à « chauffer les petits oiseaux » pour écouler ses excédents d’énergie fossile, voire nucléaire !!! Alors que la solution qui devrait s’imposer consiste à recourir au stockage d’électricité, ce dont l’Europe ne prend pas le chemin.

5.3. Au-delà de ces aspects quantitatifs, on doit dénoncer le caractère fallacieux d’un marché européen présenté » comme « libre et non faussé » mettant en concurrence des énergies pilotables, en tant que de besoin, avec des énergies fatales et intermittentes, déjà payées à leurs producteurs ! Il est vrai que « les prix négatifs […] seraient un indicateur de flexibilité du parc conventionnel ». On peut sourire de ce qui ressemble fort à une « inversion de la preuve » !
En réalité, la récurrence des prix négatifs désavoue ce système boursier car, « si les acheteurs d'énergie peuvent saisir ces bonnes affaires pour optimiser leurs coûts sur le court terme et sur des volumes restreints […], le signal de long terme est beaucoup plus négatif, notamment parce qu'il dégrade la rentabilité des investissements dans les moyens de production », sous-entendu, pilotables.
Dit autrement, ce marché ne délivre des signaux de prix que pour des spéculateurs à courte vue. Mais aussi des contre-si-gnaux de prix, auxquels les producteurs conventionnels répondent en … s’abstenant d’investir. Conclusion reprise à son compte par les « Alternatives Economiques » du 12/1/2018, dénonçant « la déglingue des marchés de l’électricité ».

5.4. Et l’on voit :
- d’un côté, les instances européennes s’efforçant de promouvoir le développement des interconnections trans-frontalières ou, du moins, de prohiber l’entrave à la libre circulation des électrons butant sur des transfo-déphaseurs ;
- de l’autre, une forme de sédition, rapportée par Enerpresse du 2/3/2018 : « Elia et 50Hertz ont annoncé mercredi 28 février avoir signé un accord inter-GRT avec TenneT, RTE et Swissgrid. L’objectif principal est d’aboutir à « une vision commune des solutions les plus prometteuses en matière de modèle de marché pour mettre en place un système énergétique fiable, durable et abordable pour l’avenir, et identifier les étapes nécessaires pour y arriver », a expliqué le GRT belge dans un communiqué. Le groupe portera sa réflexion sur l’horizon 2050 où la volonté de plusieurs États est d’arriver à décarboner la société […] ». Façon de dire que l’actuel système énergétique n’est pas fiable …

5.5. Pour l’heure, l’Europe de l’électricité vit dangereusement, le seul signal-prix qui vaille étant constitué par les subventions aux EnR, sous forme de primes ex-ante (l’ancienne « obligation d’achat » toujours opérationnelle) ou ex-post, (le nouveau « complément de rémunération » par rapport au marché. Pour autant, les risques encourus de part et d’autre du Rhin diffèrent :
- la France ferme ses centrales au charbon et au fuel (et envisage de réduire son nucléaire …), et RTE fonde ses prévisions d’équilibre hexagonal, sur la contribution des pays frontaliers, sans garantie de la part de son grand voisin …
- l’Allemagne, elle, assure sa sécurité d’approvisionnement en épaulant son parc de production fatal (éolien + photo-voltaïque) sur un parc pilotable plus qu’équivalent.
On tient là une des raisons, souvent ignorée, du coût élevé de l’électricité distribuée outre-Rhin puisqu’il faut financer un double parc, sa partie verte donnant lieu à la fameuse taxe EEG (~ triple de notre CSPE), sa partie classique ayant vu, de surcroit, son facteur de charge chuter de 54,5 % à 43,7 % en 15 ans … Sans parvenir à masquer l’échec de cette Energiewende, du moins en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Mais c’est toute l’Europe qui fait de l’équilibrisme, se mettant à la merci d’aléas de production d’ordre météorologique ou technique (affectant lignes de communication ou centres de production). Risques pris sciemment puisque force est de constater que la fuite en avant éolo-solaire n’a pas fait émerger de solution industrielle de stockage d’EnRi régulièrement surabondantes et s’accompagne de mise sous cocon de moyens de production pilotables : « des unités flambant neuves […] ne tournent qu’à moitié de leur capacité et essuient des pertes de plusieurs millions d’euros par an. Les propriétaires ne voyant pas d’amélioration à terme décident de les fermer. Mais ils s’en voient empêchés par le gestionnaire du réseau qui considère que ces unités récentes doivent rester ouvertes afin d’assurer une réserve opérationnelle pour pallier l’insuffisance d’électricité renouvelable à certains jours et heures de l’année dans le sud de l’Allemagne » (4).

Le système électrique allemand n’est donc pas à l’abri de fortes tensions, encore plus quand la fermeture de ses 9,5 derniers GW nucléaires, programmée pour 2020, aura eu lieu.

Notre réseau non plus, dont le gestionnaire RTE escompte manifestement le soutien de ses voisins (Allemagne en tête) …

(1) Cf. https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/etudes/Etude_P....
(2) En France, c’est EDF (hormis, de façon marginale, les «Entreprises Locales de Distribution») qui est tenue par cette « obligation d’achat », depuis la « Loi n° 2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité ».
(3) Pour mémoire, le tarif de vente de « l’énergie nucléaire historique », imposée à EDF au profit de ses concurrents, s’élève à 42 €/MWh.
(4) Article de François Lévêque dans les « Alternatives Economiques », déjà cité.

 

Avis n°496
Ajouté par jean-claude BRIENS (Arradon), le 26/06/2018

Des centaines de millions d'euros (un milliard ?) auraient été dépensés sur l'hydrolien marin sans résultats significatifs sur le plan technico-économique- coûts prohibitifs et avec une fiabilité non démontrée (cf abandon de l'hydrolien marin par General Electric, abandon du projet de BREHAT par Naval Group, retrait de SIEMENS... difficultés de SABELLA à Ouessant et de GUINARD en rivière d'Etel- cf reports de mise à l'eau...). Malgré cela dans le Golfe du Morbihan avec l'aval de quelques élus et d'une association on continue à soutenir un projet et à dépenser de l'argent public sans prendre en compte les retours d'expériences. A noter l'absence de sollicitation d'experts indépendants. Le projet semble en contradiction avec les orientations de la CRML... Situé au coeur d'une zone Natura 2000, au pied des mégalithes d'Erlannic et de Gavrinis, dans un couloir de navigation intense, dans un couloir entonnoir, gigantesque passe à poisson... et autre faune marine... qui relie Mor Bihan et Mor Vras... écosystème Golfe d'une rare qualité... dans une zone de pêche... Au vu des très nombreuses questions posées (associations, particuliers...) restées pour l'essentiel sans réponse, comment des collectivités, la Région ou l'Europe peuvent-elles continuer à mettre de l'argent public sur un tel projet (directement ou indirectement) sans tenir compte des retours d'expérience et sans l'avis d'experts indépendants (aspects technico-économiques, sécurité de la navigation, protection de la faune et de la circulation des espèces... dans un environnement/écosystème extraordinaire). EMR ok mais pas n'importe quel projet, n'importe où, et dans n'importe quelles conditions technico-économiques.

Avis n°468
Ajouté par yves TALHOUET (Vannes), le 21/06/2018

Bonne initiative qui responsabilise sur la production, mais également sur la consommation. Dans les cas de centrale de moins de 100kWc avec un amortissement sur 12 à 20 ans, le prix de rachat est fixé pour 20ans, mais la quantité vendue est fonction de la consommation en aval du point d'injection. Exemple, dans un quartier logements individuels, production maximum en été : 14h avec une consommation minimum. Dans 5 ans, combien de logements seront en production-autoconsommation au détriment de l'unité de production ? Ce mouvement prend une grande importance et, sans un plan cohérent de développement, beaucoup auront des difficultés (et beaucoup de vendeurs de panneaux poussent à la consommation...).

Avis n°493
Ajouté par Maurice JEROME (DARNIEULLES), le 26/06/2018

Principe de précaution à géometrie particulièrement variable ? L'académie de Médecine demande une distance de 1500 m des maisons pour l'implantation éolien, la loi de transition énergétique prévoit 500 m. Double peine pour les ruraux ? Tout ça pour une idéologie de l'intégrisme écolo religieux.

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