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Le forum de discussion

Du 19 mars au 30 juin 2018, ce forum permet à chacun de donner son avis sur la PPE ou sur le débat public lui-même. Tous les avis sont rendus publics et ouverts aux commentaires. Ils seront pris en compte par la commission lors de la rédaction du compte rendu du débat.

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Avis n°470
Ajouté par Sylvie ORTHION (Lyon), le 22/06/2018

Après avoir lu l'avis n°465, je me rends compte que les 2/3 des déchets nucléaires produits par les centrales nucléaires (dû à leur rendement) n'ont pas servi aux besoins énergétiques de nos concitoyens, mais à réchauffer l’environnement. Ce bilan que nous laissons à nos enfants et notre responsabilité vis-à-vis des générations futures est pour moi de plus en plus difficile à porter. Il me semble indispensable de sortir du modèle « papy boomer » / « 30 glorieuses », génération qui a tiré avantage de tous les bénéfices en laissant la facture aux suivants…

Avis n°527
Ajouté par Pierre-Henri COMMENAY (AMIENS), le 28/06/2018

L'enjeu majeur des orientations de la PPE est la maitrise de l'impact climatique de notre consommation d’énergie. En parallèle nous devons trouver une voie qui permettent de permettent de continuer le développement humain. Sans parler d'une opposition abrupte croissance/décroissance, nos modes de vie ont évolués et nous sommes attachés à les conserver : habitation, mobilité, technologie. Comment trouver cet équilibre ?
La voie consiste à décarboner nos sources production de l'énergie et à rechercher des solutions de sobriété dans le consommation.
Sur le domaine de la production, l’électricité est le vecteur le plus adapté aux enjeux. La transition passe par la construction d'un système électrique intelligent combinant une production et des éléments de stockage, avec des modes centralisés et décentralisés. A ce titre le développement d'outil communiquant comme Linky est une base indispensable. La production centralisée doit assurer une sécurité d’approvisionnement et de régulation du système. Le mix doit reposer sur une composition entre ENR centralisées et fatales, ENR pilotées, moyens de stockage et centrales pilotées. La composante pilotée est à assurer via les moyens hydrauliques et des centrales nucléaires avec quelques moyens de production de pointe gaz en complément.
Dans l'état actuel des technologie et de manière durable, le nucléaire à une rôle à jouer pour garantir cette transition décarbonée. A ce titre, la comparaison des système allemand et français est éclairante. La mise en place des ENR sans nucléaire conduit à des productions de CO2 10 fois plus importantes, car la régulation se fait avec du charbon...
Du coté des consommateurs, la recherche de sobriété passe par le développement de services énergétiques : optimisation des batîments, production (ENR) et stockage décentralisés.
Le domaine des utilisations transports doit être investigué avec une politique volontariste : transition vers l'hybride ou l'électrique. Pourquoi ne pas revoir la politique sur le frêt en redonnant au train sa place dans les transits longues distances, et réserver aux camions la gestion des derniers kilomètres ?
Notre politique énergétique doit nous permettre de nous développer tout en maitrisant notre impact climatique. Nous avons en France tout les leviers (ENR, nucléaire, systèmes communicants) et les opérateurs pour construire cette dynamique.

Avis n°159
Ajouté par bertrand CASSORET (Maroeuil), le 02/04/2018

Plus de 70% de la consommation d'énergie française est d'origine fossile, pétrole et gaz essentiellement. Les usages essentiels sont les transports et le chauffage.
Le pétrole et le gaz viendront à manquer probablement plus tôt qu'on le pense. Leur consommation réchauffe le climat et pollue sous formes de particules fines, oxydes d'azote, monoxyde de carbone, oxydes de soufre... provoquant en France des dizaines de milliers de morts chaque année. Ils sont importés, coûtent cher à la France et la rendent stratégiquement dépendante.
Comme toute l'organisation de notre société repose sur une énergie abondante, Il est fondamental d'apprendre à consommer moins d'énergie fossile, pétrole et gaz.
Les leviers pour agir :
- L'efficacité énergétique. Il faut en particulier d'améliorer l'isolation des logements à un rythme bien plus élevé qu'actuellement. Il faut aussi encourager des véhicules moins consommateurs, et une organisation économique nécessitant moins de transports.
- La sobriété énergétique. Elle est nécessaire mais implique des changements de mode de vie et d'organisation de la société complexes.
- Le transfert vers l'électricité. En effet l'électricité peut être produite sans énergie fossile, à partir des renouvelables ET du nucléaire. Il est donc souhaitable que la consommation d'électricité augmente, malgré la progression de l'efficacité dans ce domaine, afin de diminuer notre consommation de pétrole et de gaz. Il est possible de remplacer du gaz par de l'électricité pour le chauffage grâce aux pompes à chaleur. Il est possible de remplacer du pétrole par de l'électricité pour les transports grâce aux véhicules électriques.
Le parc nucléaire français a largement montré son efficacité. Vouloir fermer des réacteurs en état de fonctionner est une aberration écologique, économique, industrielle, sociétale, humaine... Il faut au contraire envisager la construction de nouveaux réacteurs. Les renouvelables ne pourront suffire.
Le développement des énergies renouvelables électriques non pilotables, éolien et solaire, dont la production dépend de la météo, est actuellement peu pertinent : l'électricité étant très peu stockée, la production doit s'adapter en permanence à la consommation. Ces moyens non pilotables viennent donc en plus, et non à la place des autres moyens de production qui doivent exister quand même. L'expérience allemande montre que les centrales pilotables sont moins utilisées mais ne ferment pas lorsqu'on installe des moyens considérables en éolien et solaire. Les scénarios de RTE montrent que la fermeture de réacteurs nucléaires « remplacés » par des éoliennes impliquerait des risques graves de coupures d'électricité les jours peu ventés. Il n'est donc pas du tout certain qu'on pourra fermer des réacteurs nucléaires en plaçant des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, à moins de recourir à des centrales au gaz ! L'éolien et le solaire seront pertinents si l'on adapte davantage la consommation à la production (en incitant par exemple les propriétaires de voitures électriques à se recharger aux bons moments) et/ou si l'on développe davantage le stockage d'électricité (le seul réel moyen de le développer semble être le « power to gaz », une technologie peu mature).
Les énergies renouvelables sont vraiment pertinentes lorsqu'elles permettent de stocker leur production : hydroélectricité, biogaz, solaire thermique, géothermie, bois...
Dans tous les cas, il convient de regarder la problématique énergétique dans son ensemble, et pas seulement sous le prisme de l'électricité (moins du quart de la consommation d'énergie). Il est fondamental de diminuer notre dépendance au pétrole. Les renouvelables ET le nucléaire sont pour cela nécessaires.

Avis n°506
Ajouté par Marc DARRAS (Croissy sur Seine), le 28/06/2018

L'essentiel du débat porte sur la fourniture d'énergie. Mais la transition énergétique ne sera possible que si on examine simultanément l'offre et la demande. Il s'agit de dépasser les promesses technologiques en adoptant une approche systémique qui dépasse les secteur énergétique stricto sensu: impact environnemental sur toutes les composantes, consommation matière, adaptabilité et résilience et EROEI. A cette aune, il apparait qu'il n'y a pas de solution simple. Il faut donc veiller à une diversité raisonnée.
Concernant la demande, une reflexion doit être faite au-delà de l'efficacité sur la sobriété. Celle-ci doit être vue comme la pertinence d'une consommation énergétique en regard de la réponse à un besoin essentiel, et peut conduire à une reflexion de long terme sur l'organisation de nos sociétés. 2 ex : la mobilité et l'organisation de la ville; le juste à temps dans l'industrie.
Concernant la fourniture énergétique, il s'agit d'une transformation d'un système mature. Le chemin à imaginer doit prendre en compte cette nécessité, sans chercher a priori à maintenir les rentes installées, et en se situant dans une logique industrielle à largeur pertinente suivant la technologie: France, Europe, Monde.
Au niveau français, bien évidemment il s'agit de mettre en place une capacité opérationnelle sur le renouvelable en évitant les chocs contraire à une bonne dynamique, et à des prises de risques raisonnées. La politique d'encadrement, notamment sur l'approche taxation énergie-climat doit présenter une dynamique ferme sur le long terme, considérée comme un engagement.
Par contre l'accompagnement des filières, notamment décentralisée est importante, car mettant en oeuvre des compétences diverses. C'est la qualité de mise en oeuvre, poursuivie à travers des labels notamment, qui peut garantir le succès pérenne.
Concernant le renouvelable, dans la diversité de ses composantes, il semble important de veiller à la poursuite d'une dynamique de performance et donc d'appuyer son développement par une politique ambitieuse visant notamment à répondre à une approche systémique.

Avis n°481
Ajouté par yves TALHOUET (Vannes), le 24/06/2018

50% d'énergie renovelable en 2030 est certainement possible, mais les investissements actuellement ne prennent pas en compte le stockage pour palier aux problèmes d'intermitence ( Jour-nuit et été-Hivers).
Peut-on envisager lors de ces réalisations : 50% pour la production EnR et 50% pour le stockage.
Un état des lieux des moyens de stockage serait certainement utile à faire :
- Suivant la durée : 24h , semaine, mois
- Suivant le volume de stockage: kWh, MWh
- Suivant l'utilisation: stationnaire , mobilité
- Suivant le coût : prix du kWh stocké- réutilisé
Il existe des techniques de stockage qui répondent à ces critères : STEP,volants d'inertie, Batteries à flux, batteries Li-Ion , Sodium-soufre, Nickel-fer, plus de nouvelles technologies en R&D, C'est certainement le marché le plus prometteur.

Avis n°505
Ajouté par jean-Philippe SCHNELL (Paris), le 28/06/2018

La PPE comprend un volet énergies renouvelables et en particulier électricité renouvelable. C’est sur ce dernier volet que je souhaite intervenir.
Mes observations sont les suivantes :
1/ La participation du public aux décisions importantes ou qui concerne l’environnement, leur environnement, ne peut avoir de sens que si elle est instituée de pair avec un contrôle de la sincérité et de la véracité de l’information qui lui sont données. Le débat public ne peut avoir un sens que si la population se prononce en connaissance de cause. Est-ce bien le cas, après 30 ans d’information biaisée, et de culpabilisation ? La CNDP pense-t-elle que les 3 mois de débats relativement peu diffusés vont suffire à contrebalancer les milliers d’images montrant des éoliennes industrielles, et, accompagnée de leur prétention à fournir une électricité renouvelable, et accompagnées aussi de commentaires apocalyptiques décrivant le réchauffement climatique, l’engloutissement des terres par des océans qui montent et le spectre de migrations climatiques, si on renonce à les installer ?
2/ l’électricité éolienne n’est pas renouvelable, car si l’énergie mécanique du vent est bien renouvelable, son exploitation, elle, nécessite un flux énorme de matières premières extraites du sous-sol (ciment, aciers, métaux rares, cuivre, lithium, cobalt…O. Vidal,Collège de France 6 Février 2017) pour construire et renouveler le parc, compte tenu des pertes lors du recyclage des équipements précédents. J’invite la CNDP à demander le rapport de recherche du consortium européen de recherche era-min sur le sujet, à auditionner ce chercheur qui a piloté ce consortium, et à produire une conclusion à ce sujet.
Un des objectifs du Grenelle de l’environnement était bien pourtant de préserver les ressources du sous-sol pour les générations futures, n’est-ce pas ? C’est le fondement même du terme renouvelable : quelque chose qu’on peut consommer sans épuiser les ressources de la terre, n’est-ce pas ?
Outre le fait de mépriser des générations futures, ce développement de ces électricités « renouvelables » va aussi concurrencer le développement des pays qui décollent actuellement notamment le continent africain (Florian Fizaine, Société de Géographie, Colloque 16 mars 2017). J’invite également la CNDP à auditionner ce chercheur, à demander une étude sur les flux migratoires qui pourraient en résulter, et à publier les résultats dans ses conclusions. Egalement à commenter la moralité de développer cette énergie, dans ces conditions, ainsi que l’intérêt pour la France, de rajouter des flux migratoires économiques.
3/ Le mix électrique français est déjà décarboné à 90% sans l’éolien, et ça se dégrade avec l’éolien (l’intermittence aléatoire et les fluctuations rapides de production d’électricité éolienne, imposent l’adjonction de centrales carbonées). La modulation du nucléaire n’est pas assez rapide pour réagir. Et le stockage de masse, par batterie notamment, n’est pas pour demain, ni après-demain (Académie des sciences, publication du 19 avril 2017) Le second objectif, celui de réduire le CO2 émis pour la production d’électricité, n’est donc pas atteint non plus et ne le sera pas avant longtemps.
4/ le développement de l’électricité éolienne détourne des sommes considérable de l’objectif que recherche la LTECV : diminuer les rejets de CO2. Si on demande à un enfant des collèges de diminuer le CO2, et qu’on lui dit ; ça te coûte 490€ pour une tonne de CO2 évité si tu le fais par l’éolien offshore, et 2€ si tu le fais par l’isolation des bâtiments, que choisis-tu comme méthode ? Je pense qu’il trouvera la bonne méthode. Pourquoi pas nos dirigeants ? Quelles autres raisons ont-ils de ne pas faire ce choix ?
5/ La filière de l’éolien ne crée pas d’emplois (éoliennes fabriquées à l’étranger, montage en France par des travailleurs étrangers, vous pouvez le vérifier sur n’importe quel chantier). Et il n’y a pas eu de filière française créée.
Conclusion :
Pour une électricité qui échoue à ce point à satisfaire les objectifs de la transition énergétique, il n’y a aucune raison d’accepter en plus d’endommager la santé des français, leur cadre de vie, et tous les intérêts patrimoniaux collectifs du pays (paysages, culture et mémoire, environnement, biodiversité, législation de l’environnement, activités économiques impactées, dont le secteur de la production d’électricité, stabilité du réseau, sécurité de l’approvisionnement, prix modérés de l’électricité…). Cette électricité ne doit pas appraître dans la prochaine PPE.

Avis n°531
Ajouté par Didier COSTES (Paris), le 27/06/2018

Je constate que dans les documents diffusés figurent mes écrits anciens concernant la cuve posée pour les RNR. Je vous serai obligé de bien vouloir ajouter le texte suivant.
Retraité depuis longtemps après une fonction au CEA, j’ai gardé le souci d’un nucléaire respectueux de l’environnement et de la rentabilité. J’ai envoyé à Monsieur Hulot le texte qui suit :
Didier Costes,
Ingénieur Général des Ponts et Chaussées
à M. Nicolas Hulot, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire
246 boulevard St Germain 75007 Paris
Paris 22/06/2018

Monsieur le Ministre,
Dans ma précédente lettre, je vous indiquais qu’à mon sens, les options importantes sur l’énergie nucléaire devraient être explicites et discutées avec le public, premier intéressé, ou avec ses représentants qualifiés. Après approbation publique d’un projet réellement sûr, la contestation du nucléaire pourrait prendre fin et l’énergie immense des neutrons rapides pourrait enfin intervenir.
Je résume ci-dessous les éléments précédemment exposés.
1). La filière des réacteurs à neutrons rapides RNR permettra l’utilisation de toute l’énergie contenue dans l’uranium, au lieu de 0.7 % dans les réacteurs refroidis à l’eau, actuels ou projetés (EPR). Le refroidissement au sodium a été expérimenté avec succès. Les déchets nucléaires pourront après traitement dans le réacteur parvenir à une très rapide décroissance d’activité, permettant un stockage sûr et économique.
2). Le RNR n’est étudié par le CEA que dans le projet Astrid de réacteur refroidi au sodium, qui donne lieu à des approfondissements sur l’évolution du combustible dans le cœur, mais n’envisage que la construction classique (Superphénix) de cuve à sodium suspendue, contenue dans une grande enceinte au-dessus du sol.
3). Le CEA refuse la discussion sur une cuve posée, qui, étanche à toute fuite de sodium, pourrait apporter une plus grande sûreté, pour un moindre prix. Ce refus est dit motivé par une obligation administrative de permettre l’examen visuel sous la cuve.
4). Le CEA ne considère aucune implantation souterraine de réacteur, qui apporterait une grande sûreté.
5). Le CEA, ayant étudié un cycle à gaz pour la production électrique d’un RNR, tient à conserver d’onéreux et encombrants circuits de sodium secondaire alors que l’introduction accidentelle de gaz dans le cœur après fuite peut être limitée pour éviter des conséquences neutroniques.
6). Je propose une contribution à la prochaine réunion internationale TINCE (Civil Engineering) montrant un RNR en construction enterrée, simple et économique. Je pourrai la montrer si une discussion est ouverte.

Signé Didier Costes

J'ajoute ici que mes communications pour TINCE concernent également le réacteur à eau bouillante construit en souterrain.

Avis n°485
Ajouté par Ariel DUPéRIER (Les Granges-Gontardes), le 25/06/2018

--- PREAMBULE ---

L'électricité est une énergie qui ne se stocke pas. C'est cette particularité qui la rend complexe à gérer, l'équilibre offre-demande doit être assuré en permanence.

**La demande en énergie est prévisible grâce aux habitudes des consommateurs (particuliers comme industriels)

**L'offre (capacité de production) se découpe en 3 volets :
1- Les capacités permettant de produire à la demande (Turbines à gaz, certains ouvrages hydrauliques, batteries (pour les systèmes insulaires), un partie de la réserve de puissance des centrales nucléaires, biomasse, fioul lourd, importations (charbon)...)
2- La production de base, essentiellement le nucléaire écrêté de sa réserve de puissance et les ouvrages hydrauliques dit "au fil de l'eau"
3- La production dite intermittente et peu ou pas prévisible : éolien, solaire

L'équilibre offre/demande est complexe car on peut agir seulement sur une partie restreinte des moyens de production étant donné que la demande, si elle est prévisible ne se module pas ou très peu. A cette difficulté s'ajoute l'aspect intermittent mais surtout imprévisible du renouvelable. Cette instabilité se fait à l'échelle des jours mais aussi des heures.

L'électricité consommée sur le réseau à un instant t dépend donc de cet équilibre et n'est de fait, jamais constitué d'énergie "100% verte"

--- CONSTAT ---

De nombreux fournisseurs d'énergie prétendent offrir une électricité "verte", en le justifiant par le fait que pour chaque kWh consommés, un kWh "vert" est injecté sur le réseau.

Ce type de publicité induit de nombreux biais chez le consommateur, préjudiciable à sa manière de consommer et aux réalités industrielles d'un réseau électrique :

1) Elle fait croire au consommateur que son électricité est verte dès qu'il l'utilise
2) Elle sous entend qu'il est possible d'avoir une électricité 100% verte sans moyen de substitution (souvent carbonés)
3) Elle introduit la confusion, tenace dans la population entre énergie (kWh) et capacité de production (kW).

--- ANALYSE ---

Un réseau électrique, avec les technologies actuelles, assure son équilibre grace à un mix énergétique. L'augmentation de la part du renouvelable intermittent nécessite d'augmenter d'autant la part de moyen de production souple (turbine à gaz et fioul essentiellement) fortement carboné.

Un kWh à l'instant t n'est ni équivalent, ni substituable par un kWh à l'instant t-1 ou t+1.

Le consommateur avec un contrat vert pourra utiliser à son insu des kWh fortement carbonés à certains moment. Les kWh verts pour compenser étant injectés "à l'aveugle" quand ils sont produits.

Ainsi, dans le cas le plus défavorable et dans le cas de ces contrats verts (comme les autres), il faut moduler la charge du réseau à la hausse pour faire tenir le réseau lorsqu'il y a une baisse de la production de renouvelable et il faut le moduler à la baisse lorsqu'il y a une hausse de la production issue du renouvelable intermittent (et baisse de la consommation) pour injecter le kWh vert sur le réseau.

--- PROPOSITION ---

Empêcher les publicités trompeuses de faire croire qu'une électricité peut être "100% verte" par la voie législative s'il le faut car c'est techniquement faux.

Ces éléments trompeurs biaisent le débat public (cf. constat).

--- CONCLUSION PERSONNELLE ---

Eclairer le débat pour faire comprendre que le 100% renouvelable intermittent n'est pas viable actuellement (il ne permet pas les réglages primaires, secondaire et tertiaire de fréquence) et que son augmentation induit nécessairement une hausse des moyens palliatifs carbonnés. Qu'avoir une base décarbonnée (nucléaire) reste un atout pour la france pour un kWh plus faible en CO2, à tout heure.

--- RESUME EN 1 PHRASE ---

La confusion du grand public entre kW et kWh fait croire qu'une électricité 100% verte peut lui être délivrée à chaque moment à son compteur.

Avis n°504
Ajouté par Jean FLUCHERE (LYON), le 27/06/2018

Nous sommes nombreux à avoir émis les plus grands doutes sur le caractère sérieux du bilan prévisionnel de RTE. Et notamment l'absence d'un scénario où la consommation électrique va augmenter ne serait-ce que par l'effet de substitution de la mobilité. Les réponses de RTE ont été d'une grande rareté ce qui n'est pas faire grand cas des questions des citoyens. Bien entendu quand le député socialiste a fait l'accord avec EELV et la LTECV au pas de charge, puis qu'il se retrouve Président du Directoire de RTE, nous comprenons qu'il lui est difficile de prendre un scénario d'augmentation de la consommation qui a déjà atteint 513 TWh, il y a peu de temps. Je pense que le Président de la CPDP devrait rappeler à leur devoir ceux qui sont chargés d'instruire les réponses et ne le font pas.

Avis n°167
Ajouté par Collectif anciens du nucléaire (Le Bouscat), le 03/04/2018

Les 410 signataires de cet avis, dont de nombreux anciens directeurs de centrale ou anciens patrons du parc nucléaire d'EDF, ont passé tout ou partie de leur carrière professionnelle dans l'ingénierie, la construction ou l'exploitation de centrales nucléaires. Certains d'entre eux ont assuré le démarrage de la centrale de Fessenheim.

Aujourd'hui, en situation de retraités, ils souhaitent donner leur avis dans le cadre de la PPE 2018 sur les effets néfastes pour notre pays de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte qui pose pour principe la réduction de la production électronucléaire. Cette disposition, seulement fondée sur un engagement électoral, n'a aucune justification aux plans technique, social, économique et environnemental. Elle aura pour première conséquence la fermeture anticipée de Fessenheim.

L'application de cette loi ne permettra pas à la France de respecter ses engagements de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre qui constituent pourtant un enjeu majeur pour les générations futures et une priorité forte rappelée par le Président de la République.

En effet, remplacer l'électricité bas carbone produite par nos centrales nucléaires par des énergies renouvelables n'a guère de sens en raison de l'intermittence de production de l'éolien qui nécessitera des moyens compensatoires (en France ou chez nos voisins) utilisant des combustibles fossiles générateurs de gaz carbonique. Ce constat est partagé par d'éminents scientifiques et techniciens (1).

Ce défaut majeur est également confirmé par RTE dans ses différents scénarios étudiés dans le cadre de la Programmation Pluriannuelle de l'Energie (PPE) qui conduisent tous à une hausse des émissions de gaz carbonique.

Le Premier ministre a affiché son « pragmatisme » comme méthode de gouvernement en mettant en avant ses priorités :

o la lutte contre le réchauffement climatique avec la diminution des émissions de gaz à effet de serre,
o le développement de l'emploi,
o la réduction du déficit public,
o la réduction du déficit de la balance commerciale.

Or, la fermeture de Fessenheim, et plus encore celle d'autres réacteurs, est contraire à tous ces objectifs.

Comment le gouvernement peut-il s'émouvoir chaque fois qu'un industriel annonce la suppression de quelques centaines d'emplois et prendre la décision d'en supprimer plus de 2000 sans véritables raisons ?...

Comment peut-il jeter ainsi un doute sur la capacité de notre industrie à porter à l'export un projet de réacteurs de nouvelle génération et fragiliser un peu plus cette filière industrielle ?...

Alors que chaque jour apporte la confirmation de la situation dégradée des finances de l'Etat, comment peut-il sacrifier une installation rentable et accepter d'en payer un prix qui pourrait atteindre 4 milliards d'€ selon un rapport parlementaire alors qu'un effort est demandé à tous les Français pour diminuer le déficit public et celui de la balance commerciale ?...

Des marges de production très insuffisantes qui augmentent les risques de blackout

RTE l'a rappelé clairement dans son dernier rapport : « La disponibilité effective du parc nucléaire joue, de manière générale, un rôle majeur dans la sécurité d'alimentation de la France à l'horizon 2018/2019».

L'automne dernier a été sensiblement plus froid que les périodes hivernales de ces dernières années, sans être exceptionnel. L'indisponibilité de quelques réacteurs nucléaires n'a pas été compensée par une production éolienne très faible en raison de l'absence de vent qui a obligé notre pays à recourir massivement à l'importation d'électricité fortement carbonée et d'un coût élevé.

Les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim sont autorisés par l'ASN à fonctionner pendant 10 années supplémentaires, soit jusqu'en 2021 et 2023. Décider de leur arrêt définitif dès cette année conduirait à se priver d'une puissance de 1800 MW capable d'assurer une production propre, sûre et modulable et affaiblirait gravement la sécurité d'alimentation de notre pays.

En effet, seuls les moyens pilotables (hydraulique, nucléaire) peuvent permettre de garantir les marges nécessaires. Comme les centrales utilisant du charbon sont vouées à disparaître, ces marges vont devenir de plus en plus ténues notamment l'hiver prochain et un retard à la mise en service industriel de Flamanville 3 (toujours possible pour une installation qui démarre pour la première fois) se paierait très cher en cas d'arrêt prématuré de Fessenheim.

Réduire le nucléaire nous rendrait vulnérables devant les risques de blackout, dévastateurs au plan médiatique et politique et insupportables pour les populations concernées et l'économie du pays. Cette décision serait en outre contraire aux dernières recommandations du Président de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, appelant lui aussi à augmenter la marge de sécurité du système électrique...

Dans la prochaine décennie, nous aurons donc besoin de la production de toutes les centrales nucléaires, augmentée de celle de l'EPR de Flamanville pour satisfaire les besoins de notre pays et ceux des pays voisins, pour le plus grand bénéfice de notre balance commerciale.

La diversité des moyens de production doit se mesurer à l'échelle de l'Europe

Contrairement à certaines affirmations destinées à étayer la thèse de l'intérêt de la diversification de nos sources d'énergie, la part prépondérante de la production électronucléaire dans le mix énergétique de notre pays n'a jamais été une difficulté en plus de 40 années d'exploitation.

La gestion des incidents rencontrés et la généralisation à tout le Parc des améliorations des systèmes et des matériels ont contribué à une élévation constante du niveau de sûreté des installations.

Courir après une diversification en France fondée sur la réduction de son parc nucléaire, ne ferait que réduire la diversité du mix électrique européen et renforcerait les risques de blackout qui pourraient résulter d'un épisode anticyclonique affectant l'ensemble de la production éolienne en Europe.

En conclusion

Avec l'hydraulique, le nucléaire est pour le moment le mode de production d'électricité qui a l'impact le plus faible sur la santé des citoyens. Il ne s'oppose pas au développement des énergies renouvelables en France ou en Europe. En l'absence durable de moyens de stockage de masse de l'électricité, il permet une production d'électricité très faiblement émissive en gaz carbonique en assurant des variations de puissance importantes pour s'adapter à l'intermittence des énergies renouvelables (éolien et photovoltaïque). Il contribue ainsi à la sécurité du réseau européen de transport de l'électricité.

Il répondra à l'augmentation prévisible de la consommation d'électricité dans notre pays, comme chez nos voisins, en raison des nouveaux usages de l'électricité et de l'évolution démographique.

Notre avis

Les signataires de cet avis recommandent de différer par tous les moyens possibles la fermeture de la centrale de Fessenheim et de rendre ses responsabilités à chaque partie concernée par ce dossier :

o à l'Etat de fixer le cadre d'une politique énergétique avec l'objectif, s'agissant de l'électricité, d'une production bas carbone, à un coût compétitif concourant à la performance de nos entreprises et à l'amélioration du pouvoir d'achat des particuliers,
o aux producteurs de déterminer dans le cadre ainsi fixé leurs moyens de production pour satisfaire à tout instant l'approvisionnement en électricité de notre pays,
o à l'Autorité de Sûreté Nucléaire de contrôler le bon niveau de sûreté des installations et de prendre le cas échéant les décisions de mise à l'arrêt des installations en défaut,
o et au parlement (Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques) de s'assurer du bon fonctionnement de cette filière à tous les niveaux et dans l'intérêt de la nation.

Engager dès maintenant un programme de renouvellement du parc nucléaire de notre pays par des EPR de deuxième génération devrait être considéré comme une priorité nationale.

Nous restons convaincus de l'obligation de traiter ce dossier sensible sur la base d'éléments rationnels et responsables dans l'intérêt de notre pays, de nos entreprises et de nos concitoyens.

Joël Bultel et Alain Desgranges pour les signataires de l'avis (2)
Ancien directeur de la centrale nucléaire de Flamanville et ancien directeur de la centrale ¾ du Blayais
joel.bultel6@orange.fr et alain.desgranges33@gmail.com

(1) Avis de l'Académie des Sciences du 6 janvier 2015 sur la transition énergétique et avis de l'Académie des Technologies du 10 juin 2015 sur la loi relative à la transition énergétique.
(2) Communication de la liste des signataires sur simple demande

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