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Le forum de discussion

Du 19 mars au 30 juin 2018, ce forum permet à chacun de donner son avis sur la PPE ou sur le débat public lui-même. Tous les avis sont rendus publics et ouverts aux commentaires. Ils seront pris en compte par la commission lors de la rédaction du compte rendu du débat.

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Avis n°475
Ajouté par Michèle CêTRE (ST MARCEL LES SAUZET), le 22/06/2018

Le nucléaire coûte très cher, quand on compte le prix du démantèlement des centrales, le prix du traitement des déchets, le prix des soins aux cancéreux dus aux radiations... On compte un accident GRAVE tous les 20 ans en moyenne, et pas que dans des pays sous développés. Il est inconscient de penser que nous sommes à l'abri. Il faut arrêter de jouer aux apprentis sorciers, sinon bientôt il n'y aura plus besoin de parler de transition énergétique, la vie sur terre sera menacée !

Avis n°474
Ajouté par Francis CHARPENTIER (Issy les moulineaux), le 22/06/2018

La sobriété énergétique, c’est-à-dire la lutte contre le gaspillage des sources d’énergie, on en parle à juste titre, car c’est un moyen d'action énorme pour lutter contre le changement climatique (sans parler de l’épuisement des ressources naturelles ou du déficit de la balance commerciale). La loi l’évoque et les associations l’évoquent. Mais que fait-on concrètement ?

Les mesures attendues pour l’isolation des bâtiments en sont-elles ? Elles y ressemblent fort, ce sont d’excellentes mesures, il faut foncer, mais on les classe plutôt comme « efficacité énergétique » car elles sont technologiques.

La sobriété, c’est plutôt le choix de l’individu consommateur, pour sa vie quotidienne et très souvent pour ses loisirs. C’est typiquement la décision de ne pas prendre l’avion (low cost ou pas, mais le low cost pousse à la consommation) juste pour un week-end, ou pour un voyage lointain, ou de remplacer un long trajet en voiture par un trajet en train, ou tout simplement de réduire ses achats d’objets de consommation, dont la fabrication et la commercialisation est également consommatrice d’énergie carbonée et émettrice de gaz à effet de serre (sans parler de la consommation de matières premières ni de la production de déchets).

La difficulté, c’est que la sobriété généralisée, parfaitement possible et vivable - car on ne vivait pas si mal il y a quarante ans quand on était moins dispendieux - aurait un très mauvais effet sur l’économie, un effet de récession, de destruction d’emplois. C’est un dilemme très difficile : la croissance, l’emploi, et le réchauffement climatique, qui progressent de concert, ou bien le contraire…
Mais en attendant de trouver la solution globale si elle existe, commençons dès maintenant par économiser sur les produits et les services les plus émissifs, typiquement la consommation excessive de transports très carbonés (avion, voiture).

Avis n°473
Ajouté par Francis CHARPENTIER (Issy les moulineaux), le 22/06/2018

De très nombreux citoyens sont au courant que le réchauffement climatique va conduire à une augmentation de la température moyenne de 2°C et plus, d’ici 2100. Mais le phénomène est si diffus et l’horizon temporel si lointain que la perception du danger que courent nos enfants et petits-enfants reste floue. Une façon de se convaincre de la puissance du phénomène physique à l’œuvre est de comparer l’énergie thermique (la chaleur) produite directement par un combustible fossile à celle qui sera accumulée indirectement sur un siècle par le CO2 émis par sa combustion. On peut se poser cette question naturellement quand on voit les panaches de vapeurs d’eau chaudes émises par centrales électriques, ou bien une chaudière domestique fonctionnant au fuel, ou bien une torchère brûler du gaz non récupéré par un puits de pétrole. En effet, ces vapeurs de centrales ou ces torchères chauffent directement l’atmosphère, et les chaudières qui chauffent nos maisons finissent aussi par chauffer le sol et l’atmosphère. Mais quelle est donc l’impact de ce réchauffement en regard du réchauffement indirect et à long terme, dû aux gaz à effet de serre ?

Je serais intéressé de connaître des papiers scientifiques traitant de ce sujet. Mais je souhaite partager dès maintenant avec vous un « calcul de coin de table » montrant que le réchauffement indirect de l’effet de serre est de l’ordre de 100 fois plus puissant.

On part d’une donnée contenue dans la centaine de pages du résumé technique (le « Technical Summary », une lecture très recommandable !) du 5e et dernier rapport du GIEC publié en 2013. Le graphique de la page 67 traite du budget énergétique du système climatique. On y voit qu’en quarante ans de 1970 à 2010, l’activité humaine a injecté 800 fois 10 puissance 21 joules d’énergie dans le système climatique (eau liquide, glace, sol et atmosphère).

Pour évaluer l’ordre de grandeur de l’effet de serre à partir de ce graphique, on prend les hypothèses simplificatrices suivantes :
• la contribution de chacune des quarante années de 1970 à 2010 à l’accumulation d’énergie est du même ordre de grandeur : chaque année est environ la cause de 20 fois 10 puissance 21 joules d’accumulation d’énergie dans le système climatique
• d’après les bilans de l’Agence Internationale de l’Energie, nous brûlons aujourd’hui 13 GTeP (1 GTep = 1 milliards de tonnes équivalent pétrole) d’énergie primaire, ce qui donne environ 0.5 fois 10 puissance 21 joules

Il y aurait donc en toute première approximation un rapport de 1 à 40 entre l’énergie primaire consommée et celle emmagasinée par l’augmentation induite de l’effet de serre. Mais sachant 13 TeP étant un record absolu en 2010, et sachant que les énergies fossiles en représentent 90%, on peut très facilement majorer ce rapport à 50 (et même plus), et sachant également que pour l’effet de serre a une inertie telle que si on arrêtait toute émission aujourd’hui, la déviation de température pourrait encore doubler jusqu’à ce que le système climatique atteigne un état stable, on peut doubler ce rapport, ce qui nous donne un rapport de 100.

Ainsi, l’énergie totale prévisible emmagasinée indirectement par l’effet de serre est de deux ordres de grandeurs supérieure à l’énergie primaire consommée directement. En gros, consommer 1KWh d’énergie tout de suite, revient à injecter 1KWh chaque année pendant un siècle dans l’atmosphère !

Ayant compris l’effet largement prédominant de l’effet de serre, me voilà totalement convaincu qu’il faut économiser l’énergie comme de l’or. Mais pourquoi donc traite-t-on encore l’ « or noir » comme une comme une « commodité », comme une ressource que l’on peut gaspiller sans réfléchir ?

Avis n°472
Ajouté par Roland BERTHIER (Aubervilliers), le 22/06/2018

A ceux qui reprochent au gouvernement ou plutôt aux gouvernements de ne pas faire assez en matière de lutte contre le réchauffement climatique, je les invite à lire cet article du Huffington Post.
https://www.huffingtonpost.fr/2018/06/20/reforme-de-la-constitution-le-g...
Qu’y apprend-on ? On y apprend que la modification de la Constitution française va faire la part belle à la lutte contre le réchauffement climatique. Dans son article 1, la Constitution assurera que la République lutte contre le réchauffement climatique. Il s’agit d’une véritable avancée, car la Constitution s'engage réellement. C’est un changement de paradigme qui laisse pourtant une question centrale en suspens : le nucléaire a-t-il sa place dans l’électricité de demain ? Au regard de ses nombreux avantages (coût, non rejet de CO2, électricité bon marché, bassins d’emplois…) et de ses inconvénients maîtrisés (sûreté et traitement des déchets), le nucléaire doit rester l’axe autour duquel tourne la politique énergétique de la France.
Ma seule crainte est de voir la Constitution utilisée comme un argument contre le nucléaire alors qu’il a été démontré que le réchauffement climatique est combattu efficacement par le nucléaire… La France n’est malheureusement pas à un paradoxe près. Espérons que cette avancée ne se transforme pas en reculade. En tout, cas bravo au gouvernement s’il va bien au bout de la démarche !

Avis n°182
Ajouté par Paul REUSS (Gif-sur-Yvette), le 06/04/2018

Pour commencer, voici le rappel de quelques évidences trop souvent oubliées.

1 – L'usage de l'électricité est à promouvoir. D'une part, c'est une forme pratique tant pour son transport que pour son utilisation ; elle peut être transformée sur place avec un rendement excellent. D'autre part, elle ne génère aucun effet nocif sur l'environnement. Un exemple typique d'action à promouvoir est celui du chauffage des habitations : avec une bonne isolation et l'utilisation de pompes à chaleur, la dépense reste limitée, l'approvisionnement et la mise en route ne demandent aucune action et l'émission de gaz à effet de serre est nulle. Pourquoi donc a-t-on dissuadé ces dernières années le choix du chauffage électrique ? Un autre exemple est celui du transport : l'utilisation des véhicules électriques, encore aujourd'hui marginal, est freiné par le manque de bornes de recharge au domicile des particuliers et sur les axes routiers, un équipement pourtant peu onéreux.

2 – Les deux principales sources d'énergie dites renouvelables, l'éolien et le solaire, sont par essence intermittentes. Le vent ne souffle que quand bon lui semble ; le soleil disparaît la nuit et est peu efficace dès que le ciel est ennuagé. Globalement, le rapport entre la puissance moyenne fournie et la puissance nominale ne dépasse pas une valeur de l'ordre de 15 à 20 % pour l'éolien et à peine plus pour le solaire dans nos régions. Par ailleurs, ces énergies sont extrêmement dispersées : il faut équiper des surfaces gigantesques pour capter une quantité d'énergie significative. Par exemple, il faut s'équiper d'environ 1 000 éoliennes pour fournir l'énergie d'une centrale thermique ou nucléaire de 1 000 MW qui occupe un terrain de quelques hectares.

3 – Les énergies dites fossiles – charbon, pétrole et gaz – sont, à juste titre, décriées pour leurs effets désastreux sur l'environnement. Par ailleurs, elles s'épuisent rapidement : à un horizon de quelques siècles pour le charbon mais seulement de quelques décennies pour le gaz et le pétrole.

4 – Dans l'état actuel des technologies, l'électricité ne se stocke pas : la production doit à chaque instant être calée sur la demande.

Quelle voie choisir ?

La production annuelle d'électricité en France est de l'ordre de 400 TWh. Pour les trois quarts, soit 300 TWh, cette production est assurée par 58 réacteurs nucléaires (le reste provient surtout de l'hydraulique). Si l'on voulait assurer cette production par de l'énergie éolienne, il faudrait y consacrer environ 60 000 éoliennes, soit quelque 600 km2 de territoire, puisqu'une éolienne occupe à peu près un hectare. Si l'on choisit le solaire au lieu de l'éolien, la surface occupée est du même ordre de grandeur. Les Français sont-ils prêts à avoir 600 éoliennes par département ou autant de champs de panneaux solaires ?

Dans l'hypothèse où la réponse est « oui », il faudra investir non seulement dans le matériel de production – éoliennes ou panneaux solaires – mais aussi dans les dispositifs de stockage de l'électricité. Il faudrait, en effet, stocker l'électricité pendant les périodes où ce matériel produit et où la consommation est faible, pour la restituer sur le réseau lorsque ce matériel ne produit pas et lorsque la consommation est forte. En ordre de grandeur, on peut estimer nécessaire de devoir stocker une semaine de consommation : cela nécessiterait 16 milliards de batteries équivalentes à celle d'une voiture, soit un investissement de quelque deux cent milliards d'euros ; la dépense serait au moins similaire si l'on utilisait d'autres procédés (STEP, volants d'inertie, chaleur, etc.).

On pourrait aussi compenser l'absence de production d'une source d'énergie renouvelable par la mise en marche de centrales. S'il s'agit de centrales à énergie fossile, l'émission de gaz polluants reprendrait à un rythme bien supérieur au rythme actuel. S'il s'agit de centrales nucléaires, cela veut dire qu'on ralentit leur production quand les sources d'énergie renouvelables fonctionnent et qu'on les utilise à pleine puissance quand ces sources ne fonctionnent pas. Certes, cela est possible, puisque la production d'un réacteur nucléaire peut être modulée. Mais, n'est-il pas plus simple et plus économique de n'utiliser alors que des centrales nucléaires (sans effet nuisible sur l'environnement) plutôt que de ralentir leur production ? Le coût du combustible nucléaire est faible (de l'ordre de 5 % du total) et les coûts fixes des centrales nucléaires sont les mêmes qu'elles fonctionnent à plein temps ou à temps partiel. En les utilisant complètement, on dépense à peine plus et on évite un énorme investissement supplémentaire.

Les atouts du nucléaire sont nombreux et restent pertinents. Voici les principaux :

- Pas d'émission dans l'environnement de gaz nocifs.

- Coûts compétitifs et maîtrisés car peu sensibles aux aléas politiques.

- Installations pouvant être utilisées au moins soixante ans (à comparer à vingt ans pour les éoliennes).

- Indépendance énergétique (l'essentiel des dépenses est fait en France).

- Industrie créatrice d'emplois nombreux et qualifiés.

- Très grande sûreté de l'industrie nucléaire en comparaison des autres industries.

- Gestion des déchets maîtrisée et sûre.

- Ressources de combustible potentiellement quasiment illimitées avec la surgénération, une technologie connue depuis Superphénix.

En conclusion...

La France a su développer une industrie où elle est en pointe.

La compétence existe encore mais doit être préservée et entretenue.

Le chiffre souvent avancé d'une part de 50 % de nucléaire dans la production d'électricité n'est étayé par strictement aucune justification technique ou économique.

Évitons de refaire l'erreur d'avoir arrêté prématurément Superphénix, puisque la surgénération devra être mise en œuvre à long terme. Utilisons déjà nos centrales jusqu'à leur terme normal.

L'utilisation des réacteurs actuels peut être encore prolongée pendant quelques décennies mais un renouvellement du parc devra être envisagé : la voie du nucléaire est certainement la plus prometteuse pour la France (la réponse n'est pas forcément la même pour d'autres pays, par exemple africains).

Pour la suite, il faudra convaincre l'opinion et les politiques de l'atout du nucléaire : c'est certainement ce qui sera le plus difficile...

 

Paul Reuss, ancien professeur à l'Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) et ancien ingénieur au CEA

Avis n°471
Ajouté par camille ANDRE (villepinte), le 22/06/2018

Bonjour, je trouve extrêmement surprenant que dans le questionnaire en ligne dans le développement des types d'énergie, il ne soit fait référence que photovoltaïque alors que le solaire thermique a des applications individuelles et industrielles tout à fait honorables et pertinentes dans le cadre de l'effort national portant sur la réduction des consommations. Par exemple, un CESI, économise 80% d'énergie au rapport aux besoins de production d'ECS...

Avis n°90
Ajouté par sebastien RICHET (conde), le 23/03/2018

Les réacteurs du type de ceux de Fessenheim atteignent leur limite d’âge entendons-nous régulièrement… Pourquoi propager un tel mensonge alors que leur durée de vie est augmentée à 60 voire 80 ans outre-Atlantique ? Les décisions américaines s’appuient sur le constat que ces réacteurs vieillissent beaucoup moins vite que postulé à leur construction, comme le démontrent les autorités de sûreté Etats-Uniennes. De notre côté, l’Autorité française de Sûreté Nucléaire (ASN, organisme indépendant) certifie que les deux réacteurs de Fessenheim peuvent encore tourner au moins 10 ans sans modification profonde. Les frais pour leur prolongement correspondent à deux ans de fonctionnement des réacteurs, ou encore 8 ans (au moins, car on peut envisager une échéance à 60 ans sans problème) de production à coût amorti, donc hyper rentable, pour EDF qui pourrait ainsi financer une partie de son « Grand carénage », et pour la France qui a bien besoin de cela pour sa balance commerciale. En allant au-delà de ces considérations purement financières, la prolongation du fonctionnement des deux réacteurs de Fessenheim éviterait de brûler des énergies fossiles en Europe, particulièrement en Allemagne où les pluies acides ont refait leur apparition, même si la chancelière Angela Merkel n’en parle pas. Les deux réacteurs de 900 MW évitent en effet la consommation annuelle équivalente de 1,4 milliards de mètres-cubes de gaz naturel (Plus d’un million de tonnes de méthane), donc évitent la production de plus de 2,8 millions de tonnes de CO2, ou encore 10% des émissions de CO2 de la France pour sa production d’électricité « fossile ». A noter que Fessenheim pourrait alors assumer près de la moitié du développement extensif des véhicules électriques en France. L’idée de la compensation des deux réacteurs par l’EPR de Flamanville ne fait pas beaucoup de sens lorsque l’on prend en compte l’évolution à la hausse de la consommation énergétique en France (et en Europe). Quant à l’idée de remplacer les deux réacteurs totalement pilotables par des énergies renouvelables intermittentes (ENRI) qui, par définition, imposent de les compléter par des centrales à gaz chaque fois qu’elles ne produisent pas (soit 80% du temps en moyenne sur la France), celle-ci est très coûteuse et néfaste pour l’environnement et le climat, sans parler de la pollution visuelle et de l’absence de gestion adaptée des déchets ultimes (solaires et éoliens en fin de vie, c’est-à-dire d’ici 20 ans). Bref, nous avons deux réacteurs qui évitent près de 3 millions de tonnes de CO2 annuellement, qui sont amortis, qui produisent en fonction des besoins de la France et plus généralement de l’Europe, pour lesquels l’Autorité de Sûreté Nucléaire a donné son accord pour la prolongation de fonctionnement et qui contribuent positivement à la balance des paiements, donc allègent les charges sur les contribuables… et rentabilisent leurs investissement passés : Pourquoi donc s’acharner à vouloir les arrêter ?

Avis n°407
Ajouté par Jean-François LECHAT (paris), le 12/06/2018

Nous sommes dans les années 2050. Les politiques énergétiques qui se sont succédé ont été jusqu'à interdire en France tous les chauffages utilisant des énergies fossiles. Trop de CO2 disaient-ils. Les usages de l'énergie sont maintenant massivement orientés vers l'électricité décarbonée d'origine nucléaire et renouvelable.

Monsieur et Madame Martin ont dû investir lourdement. Ils l'ont fait car ils sont sensibles au problème de l'efficacité énergétique et ils se sont consolés en se disant que c'était pour le bien de la planète puisque l'électricité était maintenant 100% décarbonée. Ils ont remplacé leur chauffage central au gaz par une pompe à chaleur air/air dernier cri . Ils ont renforcé lourdement l'isolation de leur logement. Ils ont acheté une voiture électrique dont la batterie se recharge automatiquement aux heures les plus creuses, grâce à un système basé sur l'intelligence artificielle.

Mais dès l'hiver qui a suivi ces investissements, quand les températures ont frôlé le 0°, il se sont rendu compte que les performances de leur pompe à chaleur n'étaient pas au rendez-vous et qu'il faisait froid chez eux malgré l'isolation renforcée. Alors ils ont dû s'acheter quelques radiateurs électriques d'appoint qu'ils démarrent quand les températures sont trop basses. Ils ont été des millions à avoir fait comme eux et maintenant, dès qu'il fait froid, le gestionnaire de réseau électrique est en situation de crise et les délestages tournants ponctuels ne sont pas rares.

Cela a été bien pire l'hiver suivant , quand l'Autorité de Sûreté Nucléaire a exigé l'arrêt immédiat pour vérification de 10 réacteurs nucléaires du fait de la découverte d'un défaut générique. Finalement sans gravité ont-ils dit au printemps... mais Monsieur et Madame Martin ont eu très froid tout l'hiver tant les coupures ont été nombreuses.

L' année suivante , Monsieur et Madame Martin ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de puiser une nouvelle fois dans leurs économies. En début d'hiver, ils ont fait l'acquisition d'un BatteryWall 10, le haut de gamme de la société Volta, un ensemble de batteries de grande capacité leur garantissant 10 jours d'autonomie. De quoi faire face aux imprévus ! Mais voilà, c'était sans compter sur l'anticyclone qui s'est installé sur l'Europe pour trois semaines. Il a fait très froid en Europe et les éoliennes ont été presque partout à l'arrêt, faute de vent. Bien que cet hiver toutes les tranches nucléaires aient été sur le pont, la France a manqué d'électricité et le BatteryWall 10 a été vidé en seulement 8 jours. Monsieur et Madame Martin ont eu de nouveau froid chez eux pendant 2 semaines .

Un jour, alors qu'ils rentraient d'un long déplacement en voiture et qu'ils avaient mis en charge leur batterie comme tous les soirs, il ont été appelé à 22h pour se rendre au chevet d'un parent âgé qui venait de faire un malaise. Mais impossible de faire les 100 km qui les séparaient de ce parent. L'intelligence artificielle qui pilote la recharge de sa voiture tout en optimisant la facture d'électricité et en lissant la charge du réseau démarre habituellement la recharge de la batterie vers minuit...

Les Martin ont d'ailleurs renoncé à se racheter une voiture neuve depuis que les Chinois ont annoncé une hausse de 35 % des prix des voitures. Ils ont même fini par se demander si ces voitures électriques sont bonnes pour la planète, tant les émissions de CO2 de la Chine, qui fabrique maintenant environ 90 % des voitures électriques dans le monde, ont explosé ces dernières années.

Mais ils se sont vraiment mis en colère à l'occasion d'une visite rendue à des amis de l'autre côté de la frontière. Un contraste saisissant dans les paysages traversés : en France, des campagnes dévastées par le chômage et la paupérisation, avec de plus en plus de terres laissées à l'abandon du fait de la crise agricole. De l'autre côté de la frontière, des campagnes visiblement florissantes et bien entretenues par des agriculteurs en bonne santé économique depuis qu'ils complètent leur production traditionnelle par de la production de gaz renouvelable fabriqué à partir de cultures intermédiaires et de déchets agricoles.

La maison de leurs amis est toujours aussi confortable, même en hiver ! Ils ont conservé leur chauffage au gaz et eux aussi n'émettent plus de CO2, car leur gaz est renouvelable, provenant des fermes voisines ou parfois de gaz stocké en été et fabriqué à partir d'électricité renouvelable, quand à certains moments de l'année, la production excède la consommation. Leurs amis, qui se déplacent beaucoup pour le travail, sont ravis de leur nouvelle voiture hybride gaz/électricité. Quand la batterie est épuisée, ils roulent au gaz vert et peuvent faire le plein en trois minutes dans n'importe quelle station service du pays.

Alors Monsieur et Madame Martin sont furieux car ils se disent qu'on aurait pu mieux s'y prendre pour décarboner la France. Il ont froid chez eux et se demandent comment on a pu en arriver là.

Avis n°470
Ajouté par Sylvie ORTHION (Lyon), le 22/06/2018

Après avoir lu l'avis n°465, je me rends compte que les 2/3 des déchets nucléaires produits par les centrales nucléaires (dû à leur rendement) n'ont pas servi aux besoins énergétiques de nos concitoyens, mais à réchauffer l’environnement. Ce bilan que nous laissons à nos enfants et notre responsabilité vis-à-vis des générations futures est pour moi de plus en plus difficile à porter. Il me semble indispensable de sortir du modèle « papy boomer » / « 30 glorieuses », génération qui a tiré avantage de tous les bénéfices en laissant la facture aux suivants…

Avis n°469
Ajouté par JL TISON (Voisins le Bretonneux), le 21/06/2018

L' usage plus repandu de l'énergie électrique propre en particulier dans les transports et le chauffage permet de lutter contre le réchauffement climatique. Il faut développer de nouvelles capacités électriques.

Il y a 30 ans les débats sur l'énergie en France se terminaient toujours par un débat/combat pour ou contre l'énergie nucléaire. Espérons sortir de ce débat bien réducteur. Le défi n'est plus en effet d'unir le pays autour de pourcentages sortis du chapeau mais de faire face et maitriser les enjeux nouveaux.

Trois évènements majeurs ont en effet émergé depuis les années 80 et qui façonnent notre avenir :
- Réchauffement climatique reconnu au niveau mondial et reconnaissance du rôle majeur de la combustion du charbon/gaz/pétrole joué dans ce réchauffement.
- Les particules fines générées par la combustion des ressources fossiles ont un impact sanitaire inacceptable, en particulier dans les grandes métropoles (transport, chauffage).
- Emergence/Elargissement de l'Europe avec un réseau électrique commun et en expansion permettant des échanges et des transferts.

Seule l'énergie électrique, à condition qu'elle soit décarbonée apporte une solution cohérente à l'échelle du continent, à ce triple défi. Comment par exemple pourrait-on en effet se satisfaire d'énergie éolienne ou solaire si en cas de défaillance (la nuit et manque de vent) on doit importer de l'énergie issue de ressources fossiles type charbon ou gaz d'un pays voisin européen. On a vu aussi les limites des systemes de filtration pour les véhicules en ce qui concerne les particules.

Pour permettre le transfert massif pour le transport et le chauffage vers l'énergie électrique, il y a besoin de créer de nouvelles capacités électriques très rapidement, des capacités fiables capables de produire de l'électricité en fonction de la demande. Il serait en effet aberrant de vouloir adapter la demande de l'électricité en fonction de la vitesse du vent ou des nuages qui passent.

Pour faire face à ce transfert massif indispensable qui s'annonce si on veut réellement relever les défis devant nous, je pense qu'il y a besoin déjà de maintenir en service toutes les capacités électriques décarbonées sur le pays. Il y a également besoin de construire de nouvelles capacités électriques décarbonées, fiables et pilotables. A ma connaissance, seules de nouvelles unités nucléaires permettent aujourd'hui de satisfaire aujourd'hui ce besoin. Cela n'empêche pas d'installer ici ou là des éoliennes ou des panneaux solaires qui permettent de développer localement des territoires, notamment ceux en difficulté.

J'espère que ce débat sur la PPE permettra de prendre des mesures courageuses qui préparent véritablement l'avenir européen, en considérant le besoin de développer massivement les usages de l'énergie électrique, et en privilégiant une offre électrique autosuffisante totalement décarbonée pilotable et fiable.

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