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Le forum de discussion

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Avis n°61
Ajouté par Tony MORISSEAU (Nantes), le 20/03/2018

Le pic de pétrole conventionnel a été atteint en 2006. Désormais il reste moins de 50 ans de pétrole exploitable sur Terre. Heureusement il existe un successeur à la mobilité pétrole : la mobilité électrique. Cette dernière a un avenir radieux, cela ne fait aucun doute. Pourtant, nous devons nous interroger sur les technologies de la mobilité électrique de demain. Aujourd'hui ce sont les batteries au lithium qui équipent les voitures électriques avec nos fiertés nationales que sont la ZOE de Renault et la BlueCar de Bolloré. Mais les réserves de lithium sont limitées et on risque de rapidement rencontré un « pic du lithium » là aussi économiquement dévastateur... Les batteries au lithium sont parfaitement adaptés pour l'électronique portable mais elles le sont beaucoup moins pour les véhicules.

Il existe pourtant une autre technologie dont on entend encore trop peu parlé en France : la pile à combustible. Il s'agit simplement d'une « pile » qui a besoin d'être rechargée non pas électriquement comme une batterie, mais chimiquement par l'ajout d'un combustible qu'est l'hydrogène. En réagissant avec l'air par l'intermédiaire de la pile à combustible, l'hydrogène produit de l'électricité, de l'eau... et rien d'autres ! Donc ZERO pollution, ZERO CO2. Et fabriquer de l'hydrogène est quelque chose que l'on sait faire depuis le XIXème siècle en cassant la molécule d'eau grâce à de l'électricité (électrolyse de l'eau). Et de préférence de l'électricité renouvelable !

L'Allemagne et le Japon ont misé sur cette technologie. L'Allemagne produit de l'hydrogène par électrolyse de l'eau directement au pied des éoliennes et des panneaux solaires. Hydrogène ensuite acheminé vers des stations services qui peuvent approvisionner des véhicules à pile à combustible. Honda travaille dessus, Toyota travaille dessus et de plus en plus de monde s'y intéresse. L'Allemagne veut que 100 % de ses stations services fournissent de l'hydrogène pour 2030. Le Japon construit des villes à hydrogène produit à partir d'ENR. Le Qatar pense déjà à l'après pétrole et va produire dans les prochaines années de l'hydrogène en masse via de nombreuses centrales solaires. Le tout sans polluer. La France ne peut pas passer à côté. La France NE DOIT PAS passer à côté. L'hydrogène est le vecteur énergétique de demain qui va naturellement s'imposer. Ne pas y prendre part, c'est refuser l'innovation énergétique et la France ne peut pas se le permettre.

Avis n°78
Ajouté par Thibault HOCHART (LIMOGES), le 23/03/2018

Il serait bon de ralentir les efforts et les investissements prévus dans le nucléaire et notamment pour le "Grand Carennage" et réorienter ces sommes vers la R&D du stockage de l'électricité par des moyens renouvelables et non polluants.

Avis n°241
Ajouté par ERIC CANAUX (AIGLEMONT), le 20/04/2018

A l'accident d'exploitation (matériel dangereux et dégradé) se rajoute le risque d'erreur humaine.
Les cas de contamination des travailleurs itinérants du nucléaire se multiplient, résultante de la course aux coûts réduits sur la maintenance imposée par EDF, qui se trouve dans une situation financière catastrophique, du fait de son obstination à ne jurer que par la filière nucléaire. Cette dernière n'est non seulement plus rentable (les contribuables et les clients d'EDF vont s'en rendre compte très douloureusement !), mais elle est dangereuse : se pose aujourd'hui non seulement la question du prolongement des durées d'exploitation de centrales nucléaires usées (à bannir pourtant), mais également celle du stockage des déchets nucléaires et son coût (financier, environnemental, humain, et en terme de transmission aux générations futures).
Ce qui fait d'ailleurs dire à l'actuel Directeur de l'A.S.N. bientôt sur le départ P.F.CHEVET : « Aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si un accident grave est possible en France mais quand aura-t-il lieu ? ».
Rappelons pour être complet que la filière nucléaire n'est pas née d'une volonté de produire de l'électricité. Elle est issue d'une course à l'armement lancée par les États (dont la France évidemment) pour posséder la bombe atomique, en produisant du Plutonium. Cette matière (inexistante à l'état naturel) est avec quelques autres une des plus dangereuse, la plus radioactive sur des dizaines de milliers d'années. C'est entre autre ce que certains voudraient enterrer à BURE (CIGEO).
Que valent les durées des mandats électifs des décideurs pro nucléaires en face de ce danger généré pour au moins 100000 ans ?

CIGEO c'est quoi ?
Entre 1980 et 1990, commence via l'A.N.D.R.A. (Agence de gestions des Déchets Radioactifs) une prospection visant à trouver un site de stockage (pas entreposage), sans aucune concertation publique. En 2000, un site est identifié et l'État impose un « laboratoire ». Ce sera à BURE (dans la Meuse). Comme à chaque fois, on sait que l'expérimentation est appelée à durer, il s'agit en fait du site d'enfouissement définitif. A l'issue de la période 2005 - 2013, le site est choisi et imposé par la loi comme solution au traitement des déchets nucléaires, au mépris de l'opposition formulée par la population lors des « débats ».
En 2016, l'A.N.D.R.A. a commencé les travaux dans le fameux bois Lejuc sans autorisation. Une résistance s'installe sur le terrain.

CIGEO c'est donc une volonté politique qui va déboucher sur :
· 80000 m3 de déchets sur place représentant 99% de la RADIOACTIVITE de l'ensemble des déchets produits.
· 100 convois RADIOACTIFS ferroviaires par an
· 300 Km de galeries souterraines creusées à 500 m de profondeur
· Le coût prévisionnel (sous évalué par les politiques et les acteurs du nucléaire) est estimé par la Cour des Comptes à près de 40 MILLIARDS d'Euros (pour 100 ans).

A ce prix là, CIGEO ne sera pas un simple laboratoire. Malgré le coût faramineux (quel financement ?), et les risques avérés relevés par l'I.R.S.N. et l'A.S.N. (pourtant pas antinucléaires compulsifs), loin de toute démocratie on veut nous imposer (y compris par la force) CIGEO. Ce projet ruineux, incertain et dangereux (matières très radioactives pour longtemps, risques d'incendies élevés...) ferait de ce site la plus grosse poubelle nucléaire du monde, un record. Après celui de LA HAGUE, on se passerait bien de records dans ce domaine.

Le dossier nucléaire est sensible et nous sommes à la croisée des chemins. La France est un des rares pays à avoir misé autant sur la filière nucléaire au détriment d'autres sources de production. Ainsi, nous accusons un retard considérable sur les énergies renouvelables puisque nos politiques ont fait de la France un pays résolument tourné vers le nucléaire. A quel prix !
Entre le rafistolage des centrales voulu par EDF, les EPR qui mettent AREVA à genoux (donc les contribuables), et le projet CIGEO piloté par l'A.N.D.R.A comme horizon, nous devons réfléchir et nous positionner dès maintenant, pour nous mêmes et pour nos enfants :

Le Nucléaire est il une solution d'avenir, le nucléaire est-il sans danger et même est-il désormais un modèle énergétique viable ?

Faut-il d'autres TCHERNOBYL ou FUKUSHIMA ???

Faut-il qu'après deux fusions de cœur de réacteur en 1969 et 1980 (avec rejet de Plutonium dans la Loire), la Centrale de Saint-Laurent des Eaux explose (accidents nucléaires)? Ou une autre ?

Le risque que fait peser CIGEO sur nos terres et nos populations est-il acceptable ?

Vocabulaire Nucléaire :

A.S.N. : Agence de Sûreté Nucléaire (un peu antinomique)
I.R.S.N. : Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (ancienne et tristement célèbre SCPRI du Professeur PELLERIN - Nuage de TCHERNOBYL). Elle semble plus protéger la radioactivité que les populations.
S.F.E.N. : Société Françaises d'Énergie Nucléaire. Groupement de promotion et de défense du nucléaire assimilable à un Lobby ou organisation de propagande viscéralement pro nucléaire (Valérie FOULON)
Relâchement : mot employé par les gens du nucléaire pour édulcorer les rejets radioactifs en milieu naturel, comme à LA HAGUE par exemple).
Recyclable : on veut vous faire croire (comme le « retraitement ») que 95% des déchets produits par les centrales (entre autres) sont traités et rendus inactifs. En fait, ils ne sont pas recyclés, mais ces gens affirment cyniquement qu'un jour peut-être on saura les recycler. Ils sont donc recyclables !!! (là vous pensez qu'on vous prend pour des imbéciles ? A vous de trancher...). En attendant on les stocke dans des piscines, des sites d'entreposage, des bassins pour les boues contaminées etc....). Comme dirait Harry Potter « j'adore la magie ! »)
Situation / Évènement : dans le monde édulcoré du nucléaire, il ne faut jamais dire indicent ou accident ! C'est pourtant la réalité des faits. Retraitement : voudrait nous porter à croire qu'il n'y a pas de problème de déchets nucléaires, puisqu'on les retraite à LA HAGUE. Les piscines de refroidissement de LA HAGUE sont pleines (au point de penser à construire un nouveau site ailleurs) de déchets hautement radioactifs. Le retraitement du combustible nucléaire usé, c'est juste un traitement chimique pour en séparer les éléments (phénomène de multiplication des déchets). Ces éléments restent très dangereux. A part utiliser du Plutonium pour les armes atomiques ou en adjoindre à de l'Uranium enrichi (appelé alors Mox) comme combustible dans certaines centrales, « on » ne sait pas quoi en faire.

Le projet d'enfouissement à BURE (CIGEO) serait la bonne solution. Vraiment ?

Et toutes ces matières circulent, par camions et trains parmi nous.... Sur l'autoroute de vos vacances, à proximité des écoles de nos enfants, à coté des quais de gare sur lesquels vous attendez votre train pour aller au boulot... Le Plutonium nuit gravement à la santé. Déconseillé aux femmes enceintes.

La grande loterie de l'accident nucléaire est ouverte et elle ne fera que des perdants.

Pour s'informer (la liste n'est pas exhaustive) : · Livre NUCLEAIRE : DANGER IMMEDIAT (GADAULT - DEMEUDE) · Livre l'ETAT NUCLEAIRE ( C. LEPAGE)... · Documents NUCLEAIRE ET L'IMPOSSIBLE GESTION DES DECHETS (Arte) + NUCLEAIRE RIEN A SIGNALER (Arte) + SECURITE NUCLEAIRE LE GRAND MENSONGE (Arte) visibles sur YouTube · NUCLEAIRE LA POLITIQUE DU MENSONGE (Canal+ Spécial Investigation en 2015) · Sites de la CRIIRAD, Réseau Sortir de Nucléaire, France Nature Environnement, Greenpeace, BureStop55 etc.

Il est temps que le démocratie trouve son chemin sur ce sujet d'importance en exigeant par exemple un REFERENDUM sur la SORTIE DU NUCLEAIRE

Avis n°182
Ajouté par Paul REUSS (Gif-sur-Yvette), le 06/04/2018

Pour commencer, voici le rappel de quelques évidences trop souvent oubliées.

1 – L'usage de l'électricité est à promouvoir. D'une part, c'est une forme pratique tant pour son transport que pour son utilisation ; elle peut être transformée sur place avec un rendement excellent. D'autre part, elle ne génère aucun effet nocif sur l'environnement. Un exemple typique d'action à promouvoir est celui du chauffage des habitations : avec une bonne isolation et l'utilisation de pompes à chaleur, la dépense reste limitée, l'approvisionnement et la mise en route ne demandent aucune action et l'émission de gaz à effet de serre est nulle. Pourquoi donc a-t-on dissuadé ces dernières années le choix du chauffage électrique ? Un autre exemple est celui du transport : l'utilisation des véhicules électriques, encore aujourd'hui marginal, est freiné par le manque de bornes de recharge au domicile des particuliers et sur les axes routiers, un équipement pourtant peu onéreux.

2 – Les deux principales sources d'énergie dites renouvelables, l'éolien et le solaire, sont par essence intermittentes. Le vent ne souffle que quand bon lui semble ; le soleil disparaît la nuit et est peu efficace dès que le ciel est ennuagé. Globalement, le rapport entre la puissance moyenne fournie et la puissance nominale ne dépasse pas une valeur de l'ordre de 15 à 20 % pour l'éolien et à peine plus pour le solaire dans nos régions. Par ailleurs, ces énergies sont extrêmement dispersées : il faut équiper des surfaces gigantesques pour capter une quantité d'énergie significative. Par exemple, il faut s'équiper d'environ 1 000 éoliennes pour fournir l'énergie d'une centrale thermique ou nucléaire de 1 000 MW qui occupe un terrain de quelques hectares.

3 – Les énergies dites fossiles – charbon, pétrole et gaz – sont, à juste titre, décriées pour leurs effets désastreux sur l'environnement. Par ailleurs, elles s'épuisent rapidement : à un horizon de quelques siècles pour le charbon mais seulement de quelques décennies pour le gaz et le pétrole.

4 – Dans l'état actuel des technologies, l'électricité ne se stocke pas : la production doit à chaque instant être calée sur la demande.

Quelle voie choisir ?

La production annuelle d'électricité en France est de l'ordre de 400 TWh. Pour les trois quarts, soit 300 TWh, cette production est assurée par 58 réacteurs nucléaires (le reste provient surtout de l'hydraulique). Si l'on voulait assurer cette production par de l'énergie éolienne, il faudrait y consacrer environ 60 000 éoliennes, soit quelque 600 km2 de territoire, puisqu'une éolienne occupe à peu près un hectare. Si l'on choisit le solaire au lieu de l'éolien, la surface occupée est du même ordre de grandeur. Les Français sont-ils prêts à avoir 600 éoliennes par département ou autant de champs de panneaux solaires ?

Dans l'hypothèse où la réponse est « oui », il faudra investir non seulement dans le matériel de production – éoliennes ou panneaux solaires – mais aussi dans les dispositifs de stockage de l'électricité. Il faudrait, en effet, stocker l'électricité pendant les périodes où ce matériel produit et où la consommation est faible, pour la restituer sur le réseau lorsque ce matériel ne produit pas et lorsque la consommation est forte. En ordre de grandeur, on peut estimer nécessaire de devoir stocker une semaine de consommation : cela nécessiterait 16 milliards de batteries équivalentes à celle d'une voiture, soit un investissement de quelque deux cent milliards d'euros ; la dépense serait au moins similaire si l'on utilisait d'autres procédés (STEP, volants d'inertie, chaleur, etc.).

On pourrait aussi compenser l'absence de production d'une source d'énergie renouvelable par la mise en marche de centrales. S'il s'agit de centrales à énergie fossile, l'émission de gaz polluants reprendrait à un rythme bien supérieur au rythme actuel. S'il s'agit de centrales nucléaires, cela veut dire qu'on ralentit leur production quand les sources d'énergie renouvelables fonctionnent et qu'on les utilise à pleine puissance quand ces sources ne fonctionnent pas. Certes, cela est possible, puisque la production d'un réacteur nucléaire peut être modulée. Mais, n'est-il pas plus simple et plus économique de n'utiliser alors que des centrales nucléaires (sans effet nuisible sur l'environnement) plutôt que de ralentir leur production ? Le coût du combustible nucléaire est faible (de l'ordre de 5 % du total) et les coûts fixes des centrales nucléaires sont les mêmes qu'elles fonctionnent à plein temps ou à temps partiel. En les utilisant complètement, on dépense à peine plus et on évite un énorme investissement supplémentaire.

Les atouts du nucléaire sont nombreux et restent pertinents. Voici les principaux :

- Pas d'émission dans l'environnement de gaz nocifs.

- Coûts compétitifs et maîtrisés car peu sensibles aux aléas politiques.

- Installations pouvant être utilisées au moins soixante ans (à comparer à vingt ans pour les éoliennes).

- Indépendance énergétique (l'essentiel des dépenses est fait en France).

- Industrie créatrice d'emplois nombreux et qualifiés.

- Très grande sûreté de l'industrie nucléaire en comparaison des autres industries.

- Gestion des déchets maîtrisée et sûre.

- Ressources de combustible potentiellement quasiment illimitées avec la surgénération, une technologie connue depuis Superphénix.

En conclusion...

La France a su développer une industrie où elle est en pointe.

La compétence existe encore mais doit être préservée et entretenue.

Le chiffre souvent avancé d'une part de 50 % de nucléaire dans la production d'électricité n'est étayé par strictement aucune justification technique ou économique.

Évitons de refaire l'erreur d'avoir arrêté prématurément Superphénix, puisque la surgénération devra être mise en œuvre à long terme. Utilisons déjà nos centrales jusqu'à leur terme normal.

L'utilisation des réacteurs actuels peut être encore prolongée pendant quelques décennies mais un renouvellement du parc devra être envisagé : la voie du nucléaire est certainement la plus prometteuse pour la France (la réponse n'est pas forcément la même pour d'autres pays, par exemple africains).

Pour la suite, il faudra convaincre l'opinion et les politiques de l'atout du nucléaire : c'est certainement ce qui sera le plus difficile...

 

Paul Reuss, ancien professeur à l'Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN) et ancien ingénieur au CEA

Avis n°225
Ajouté par Manuel PETIT (ROUDOUALLEC), le 14/04/2018

La transition énergétique vers les énergies renouvelables est une nécessité absolue devant s'effectuer dans des délais contraints. Après avoir nié cet état de faits, les grandes entreprises ont aujourd'hui senti les bons plans, considérant que les investissements dans le secteur sont aujourd'hui rentables du point de vue financier. Elles se moquent totalement de l'aspect réellement environnemental. Techniquement, les différents principes existent et ce, depuis plusieurs décennies, pour produire de l'énergie à partir de sources renouvelables : géothermie, éolien, solaire voltaïque et thermique, biogaz, hydrogène, hydrolien. Cependant, toutes ces technologies, qui pourraient être mises en oeuvre pour rendre les concitoyens autonomes, font actuellement l'objet d'une main-mise par les grandes entreprises, accompagnées par l'Etat.

Plusieurs exemples : EDF demande aujourd'hui à l'Etat de libérer des terres agricoles afin d'installer du photovoltaïque. Pourquoi ne pas plutôt favoriser l'installation des panneaux sur toutes les toitures existantes et bien orientées selon un contrat de type "je vous laisse l'accès à ma toiture - vous installez des panneaux dont vous tirez profit pendant 15 ans, les 10 ans de vie restant me revenant". Avantages du principe : pas de consommation de terre agricole, rénovation des toitures avec prise en charge de l'isolement des bâtiments par l'installateur, production locale d'électricité, pas de discrimination entre les différents particuliers selon leurs moyens à acheter des panneaux, surface disponible importante... Energies des transports : les particuliers sont conduits aujourd'hui à marche forcée vers l'électrique, en prédisant dans un avenir plus lointain l'hydrogène à travers la pile à combustible. Dans un cas comme dans l'autre, l'énergie grise consommée pour mettre en oeuvre ses technologies dites propres n'est pas compensée par l'utilisation des moyens de transport comparativement aux énergies actuelles. Or, des "geo-trouvetout" ont montré depuis bien longtemps qu'en réfléchissant un peu, les véhicules thermiques actuels sont facilement adaptables à l'utilisation directe du biogaz ou de l'hydrogène. On pourrait imaginer que dans toutes les maisons où c'est possible, on puisse avoir un méthaniseur individuel, associé à une cuve de récupération d'eau de pluie, avec une petite éolienne et de panneaux photovoltaïques. Biogaz d'un côté, production d'hydrogène de l'autre à moindre coût. Il sera nécessaire de mettre l'accent bien évidemment sur la sécurité des installations. A partir de là, un véhicule thermique classique nécessite de 1500 à 3000 € pour changer d'énergie. Et les personnes deviennent autonomes sur ce point. Du point de vue macroéconomie du pays, la nature ayant horreur du vide, l'argent économisé par les particuliers sur le plan énergétique ira vers un autre secteur économique de consommation. Etc.

Toutes les technologies existent. Mais il faut changer de paradigme. Il me semble nécessaire de remettre l'ensemble des individus constituant notre société au centre de nos préoccupations, sans discrimination environnementale. Or aujourd'hui, la transition énergétique en cours stigmatise les niveaux inférieurs de la société car il est demandé à chacun individuellement de faire les efforts financiers pour aller dans ce sens. Un PDG peut se targuer de rouler en voiture électrique et dire qu'il est écolo. Mais quel prix pour un tel véhicule ? Qui a réellement les moyens de se l'offrir ? De même, une maison à énergie positive est bien évidemment la meilleure solution. Même si le calcul, à terme, montre l'intérêt économique d'un tel investissement, qui a les moyens de réellement investir dans ce type de maison ? Les technologies existent. Encore faut-il la volonté réelle d'améliorer le quotidien des citoyens, au détriment de l'intérêt des multinationales. A débattre...

Avis n°240
Ajouté par Jean FLUCHERE (LYON), le 20/04/2018

Avant d'encenser éolien et photovoltaïque, encore faut-il lire cet opportun rapport de la Cour des comptes.

Le montant du soutien public auquel s'est engagé l'Etat par les contrats signés avant 2017 au bénéfice des producteurs d'électricité d'origine éolienne et photovoltaïque (plus un brin de biométhane stockable à la différence des 2 autres), s'élève à 127 Mds d'€. Ceci en supposant qu'il n'y a plus de contrats nouveaux signés depuis début 2018.
(Avec une telle somme on aurait largement pu rénover énergétiquement l'ensemble du parc de logements et du tertiaire en France.)
Ces 127 Mds d'€ proviennent, selon les magistrats de la Cour des comptes, de «mécanismes de soutien dont les conséquences financières ont été mal appréciées». Une autre de leurs formules assassines : «Des charges importantes, durables et mal évaluées». C'est le titre de chapitre, en gros caractères et en gras.
La Cour appelle à «asseoir la politique énergétique sur des arbitrages rationnels fondés sur la prise en compte du coût complet des différentes technologies». Sous entendu, ce n'est pas du tout ce qui a été fait jusqu'à présent.

La cour a fait des découvertes.
Ainsi le coût faramineux du soutien à l'électricité photovoltaïque, pour un résultat microscopique. Ainsi les seuls contrats signés avant 2010 pèseront, au total lorsqu'ils seront arrivés à terme, pas moins de «38,4 milliards d'euros pour les finances publiques», pour... 0,7% de la production d'électricité. Ces contrats représenteront encore 2 milliards par an en 2030 et représentent une subvention de 480 € par MWh.
Pour l'éolien, les chiffres sont, là aussi, cruels. Des contrats de l'éolien vont coûter «40,7 milliards d'euros en 20 ans» pour... «2% de la production française», précise le rapport.
Sans parler de ce qui se passerait si on réalisait les fermes offshore.
Les sommes consacrés aux ENR thermiques qui représentent un potentiel sérieux en Mtep de chaleur et en emplois pérennes dans des zones du territoire en déshérence sont dérisoires alors que ces ENR sont stockables.
Quels sont les effets des soutiens à l'éolien et au PV d'après le rapport de la Cour.
En résumé : le résultat est climatologiquement parlant dérisoire par erreur sur la cible de l'action, visant l'électricité déjà décarbonée au lieu de viser les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre, comme le chauffage ou les transports routiers. Remplacer du décarboné nucléaire par du décarboné renouvelable est une curieuse politique!
Filières industrielles.
Au moins, cette manne publique se traduit-elle par des emplois en masse ?
Non, la France n'a pas de base industrielle ni pour les éoliennes qu'elle achète à l'étranger, ni pour le photovoltaïque dont les panneaux viennent de Chine.
En revanche, la cour montre qu' en concentrant cette dépense publique sur les EnR thermiques (bois, méthanisation, solaire thermique, biocarburant, géothermie, réseaux de chaleur, pompes à chaleur), on aurait pu faire coup double : beaucoup d'émissions de GES en moins et des emplois durables en plus.
La Cour n'a pas pris en compte les dépenses de réseaux électriques liées à leur introduction. L'Allemagne prévoit ainsi de dépenser 40 milliards d'euros pour que son réseau électrique s'adapte à l'installation des EnR.
Qu'en est-il pour la France. Notre système électrique est certes un peu différent du système allemand mais les ordres de grandeur allemands se retrouveront aussi chez nous.
Il était temps que la Cour des Comptes produise ce rapport. Elle a fait 2 rapports sur le nucléaire, le premier en 2012 et le second beaucoup plus rapidement en 2014.
Il n'est pas normal que devant des engagements d'un tel montant, la cour ne fasse pas un examen périodique des dépenses et des résultats.

Avis n°239
Ajouté par Anne-Sophie DURANO (Paris), le 20/04/2018

L’Union européenne a entériné cette semaine (le 17 avril) la répartition de réduction des émissions de CO2 pays par pays. Les objectifs individualisés pour chaque pays dépendent du PIB et du nombre d’habitants. Sans surprise, l’objectif donné à la France est ambitieux puisque nous devons baisser de 37% les émissions de gaz à effet de serre par rapport à ceux de 2005. L’échéance arrive vite (2030) et la marge de manoeuvre est étroite puisque la France produit déjà 97% d’énergie décarbonée. Les efforts les plus urgents sont donc à entreprendre du côté des industries les plus polluantes et des moyens de transport. Comment se fait-il que la voiture électrique se développe si lentement ? A quoi rime les quotas de pollution – véritable droit à polluer – quand il faut ne pas polluer du tout ?

Beaucoup accusent encore à tort le nucléaire d’être le problème numéro un de l’écologie en France. C’est le meilleur moyen d’échouer à réduire les gaz à effet et la pollution de manière générale. Le nucléaire est une énergie non émettrice de CO2 dans l'atmosphère. Si les efforts se concentraient vraiment sur les secteurs les plus polluants alors le pari pour la sauvegarde de l’environnement pourrait être gagné. Fermer une centrale nucléaire pour la remplacer par un champ d’éoliennes n’a aucune incidence sur le taux d’émission de CO2. Par contre, changer une voiture qui roule à l’essence ou au diesel par une voiture électrique ferait une grande différence. Il est temps de poser les bons problèmes pour utiliser les solutions qui existent déjà mais dont on ne se sert qu’avec parcimonie.

http://lenergeek.com/2018/04/18/parlement-europeen-repartition-reduction...

 

Avis n°38
Ajouté par Bernard DEBACQUE (Châteauponsac), le 20/03/2018

L'énergie nucléaire me paraît être la mieux placée et la plus efficace pour lutter contre le réchauffement climatique. C'est une énergie propre et puissante pour laquelle nous Français avons une bonne maîtrise et un véritable savoir faire qui nous assure une certaine supériorité par rapport à bien d'autre pays. Nous avons de bonnes assurances en termes de durée dans le temps avec des ressources connues importantes et un parc électronucléaire modèle dans le monde. Sans exclure le mix énergétique qui doit faire une part aux énergies renouvelables et en dépit des campagnes médiatiques et des lobbies anti-nucléaire, je reste convaincu qu'en restant factuel et rationnel, l'énergie nucléaire est une énergie d'avenir à la fois pour la France mais aussi pour satisfaire les besoins mondiaux toujours croissants.

Avis n°238
Ajouté par Paul ORTAIS (Paris), le 20/04/2018

Il me semble que les ateliers ne s'occupent que d'optimiser les disponibilités en énergie dans un modèle de consommation, en tout cas on ne voit pas de question de fond dans l'exposé des travaux. Du "comment", mais le "pourquoi" ? Si je me trompe, merci de m'aiguiller. Il y a tellement plus à gagner autrement, et plus facilement.

Avis n°237
Ajouté par fabien GAUTIER (criel sur mer), le 20/04/2018

Le prix payé par l'état et donc par nous du Mw éolien est aberrant. Ce coût de revient a été divisé par 3 durant ces dernières années. Il serait bon que l'état arrête de perdre notre argent ! D'autre part le nucléaire reste la seule électricité écologique, sans rejet important de CO2.

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